Les transports publics bruxellois seront remaniés en profondeur

La société de transports en commun bruxelloise STIB pourra investir 5,2 milliards d’euros ces dix prochaines années. C’est une augmentation de 10%, indique le ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (SP.A), pour une nouvelle ligne de métro entre Schaerbeek et Forest, quatre lignes de bus supplémentaires, et de meilleures connexions entre les quartiers de la périphérie.
© Reporters / Michel Gouverneur

Cinquante-quatre lignes de bus au lieu de 50 actuellement, six lignes inter-quartiers de rocade, plus de lisibilité sur deux tiers du réseau, un appel à l'intérêt du marché pour l'achat de 235 bus électriques à fournir d'ici 2018 à l'intérieur d'une enveloppe de 126 millions d'euros: telles sont les grandes lignes du Plan bus qui devrait être appliqué progressivement entre 2017 et 2019 à Bruxelles. L’annonce provenait, lundi, du ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet, entouré de la direction de la société régionale de transports en commun STIB.

Ce Plan bus a été adopté en première lecture par le gouvernement bruxellois au cours de son conclave budgétaire du week-end. Il sera soumis aux habitants pour consultation entre novembre et janvier prochains, via une information par flyers et via l’internet, ainsi que la présence d'un infobus à proximité des marchés, avant d'être adapté le cas échéant, en vue d'une adoption définitive l'an prochain.

Le concept du Plan de réseau bus actuellement en vigueur remonte à 30 ans. Selon le ministre bruxellois Pascal Smet (photo archives), le futur Plan sera plus structurant et bien moins fondamentalement axé sur le centre de la capitale qu'il ne l’est actuellement. Pour rompre la typologie de réseau en étoile qui impose parfois de longs parcours et des ruptures de charge peu efficaces pour rejoindre des quartiers pourtant proches, l'usager pourra compter sur six nouvelles lignes de rocade.

Ce sera notamment le cas de la commune d'Anderlecht (ouest), et en particulier de la zone du Westland Shopping Center qui sera desservie par quatre lignes, et du quartier de Neder-over-Heembeek (3 lignes). Ces quartiers, jusqu'ici moins bien desservis par les transports en commun, connaissent un bond démographique et d'activités important.

Tenant compte de l’utilisation intensive des transports publics par les fonctionnaires européens, le quartier Schuman déjà desservi par le métro et par le train deviendra le point de ralliement de sept lignes de bus (nouvelles lignes 21 vers Evere, 27 vers Woluwe Saint-Lambert, 56 vers Schaerbeek et 60 vers Ixelles et Uccle; 79 et 36 vers Etterbeek et Boitsfort, et 12 - maintenue vers l'aéroport national).

Tout cela nécessitera du matériel roulant supplémentaire: 115 nouveaux bus, sans compter les bus les plus anciens et les plus polluants - 112 bus diesel aux normes euro 2 roulent toujours actuellement sur le réseau - qu'il faudra remplacer.

Avec l'accord du gouvernement bruxellois, un appel au marché sera lancé dans les prochaines semaines pour évaluer, dans un bref délai, l'intérêt pour la production de véhicules électriques et les conditions de leur exploitation, avec l'horizon 2018 dans le viseur. D'autres options pourraient éventuellement être envisagées, mais en connaissance de cause en ce qui concerne l'option des véhicules électriques, actuellement privilégiée.