"Le droit de grève n'est pas absolu"

Le Premier ministre, Charles Michel, a appelé jeudi chacun à respecter les règles en vigueur dans un Etat de droit après les incidents survenus à Liège à la suite de l'action organisée par la FGTB. Le droit de grève n'est pas absolu, a-t-il fait remarquer devant la Chambre.

"La liberté de grève s'arrête là où commence la liberté de ceux qui veulent se rendre sans contrainte à leur travail, à l'école ou à l'hôpital", a déclaré Charles Michel en réponse à des questions d'Aldo Carcaci (PP), Catherine Fonck (CDH), Jan Vercammen (N-VA) et Egbert Lachaert (Open VLD).

Le blocage d'une autoroute est interdit, a ajouté le Premier ministre qui a qualifié de "graves" les incidents de lundi. Charles Michel a d'ailleurs présenté les condoléances de son gouvernement à la famille de la touriste danoise décédée dans un hôpital de la Cité ardente.

Les différents intervenants ont déploré l'action des grévistes qui ont bloqué l'autoroute. "Ce lundi, les choses ont été trop loin", a affirmé Mme Fonck. Le PP a appelé le gouvernement à légiférer pour organiser le droit de grève et doter les syndicats de la personnalité juridique. "La FGTB doit pouvoir être poursuivie pénalement et civilement", a-t-il dit.

En réaction au décès d'une patiente danoise de la clinique de Hermalle (groupe hospitalier CHC) dans le contexte des perturbations engendrées par la grève à Liège lundi, la FGTB a tenu mercredi à d'abord présenter, par voie de communiqué, ses "condoléances les plus sincères à la famille de la défunte et à son entourage". Francis Gomez, président de la FGTB Liège-Huy-Waremme, a quant à lui déclaré à l'agence Belga qu'il considérait une partie de l'opération syndicale de lundi comme "complètement ratée".

Le Centre hospitalier chrétien de Liège a déposé plainte contre X pour homicide involontaire après le décès d'une patiente opérée en retard car son chirurgien était coincé sur l'autoroute à hauteur du pont de Cheratte (Herstal), dans l'embouteillage provoqué par les manifestants de la FGTB en grève. Finalement, le chirurgien est arrivé à la clinique à sept heures, l'intervention a eu lieu mais la patiente est décédée aux soins intensifs, peu de temps après.