La Belgique possède un nouveau centre pour la cybersécurité

Sous la direction de Miguel De Bruycker, le centre dépendant directement de la chancellerie du Premier ministre Charles Michel a pour objectif principal de coordonner les différents acteurs pour une amélioration de la sécurité numérique en Belgique et l’intervention lors d’attaques par des pirates. En présence de Charles Michel, le directeur du Centre pour la cybersécurité (CCB) a brièvement présenté ce lundi sa stratégie, approuvée par le conseil des ministres.

Le gouvernement fédéral précédent, mené par Elio Di Rupo (PS), avait annoncé la création d’un Centre pour la cybersécurité (CCB) en Belgique, qui a entamé ses travaux en août dernier sous la direction de Miguel De Bruycker (photo). Ce dernier présentait ce lundi sa stratégie pour améliorer la sécurité numérique en Belgique, approuvée vendredi par le conseil des ministres. Le Premier ministre, de la chancellerie duquel dépend le nouvel organe, assistait à cette présentation.

"Il ne s'agit pas d'un centre opérationnel", a précisé Charles Michel. "Son rôle sera de coordonner les acteurs publics et privés d'un point de vue intérieur et d'agir dans une coopération plus large au-delà des frontières, de faire entendre la voix de la Belgique dans les forums internationaux."

"La cybersécurité est un défi quotidien", a souligné le Premier ministre. "Nous sommes régulièrement confrontés à des attaques et nous le serons encore à l'avenir."

"Nous ne partons pas de zéro", assurait Miguel De Bruycker. "L'objectif est d'améliorer l'efficacité des services existants - défense, police, cyber emergency team (Cert), etc". Dans un premier temps, le centre va définir précisément la situation de la Belgique en matière de cybersécurité.

Sécuriser pour trois groupes

Le directeur du CCB a défini une stratégie pour trois groupes: le domicile, le lieu de travail et les "secteurs vitaux". Les citoyens seront sensibilisés et informés sur la façon de limiter les risques et la manière de régler certains problèmes. Dans la sphère professionnelle, des directives seront rédigées à destination des entreprises. Des partenariats sont envisagés avec des acteurs privés, tels que les fournisseurs d'accès à internet et les sociétés actives dans la sécurisation du web.

Enfin, dans les secteurs vitaux, l'accent sera mis sur l'échange et la diffusion rapide des informations sensibles. Des directives et des normes doivent ensuite mener à une meilleure réaction face aux attaques.

Le CCB tentera également d'inciter le monde académique et la jeunesse à s'intéresser davantage à la problématique, afin d'améliorer les capacités techniques de la Belgique et d'augmenter le nombre d'experts disponibles.

Le Centre, dont la sous-directrice sera Phédra Clouner, dispose d'un budget de 700.000 euros pour sa première année de fonctionnement. Il emploiera dix collaborateurs, dans un premier temps au sein de la chancellerie, puis dans un bâtiment situé rue de la Loi à partir de début 2016.

Sept millions d'euros seront par ailleurs prévus au prochain budget pour améliorer les capacités de la Belgique à faire face aux menaces numériques, a assuré le Premier ministre. "Le budget consacré à sécuriser le nouvel espace public que constitue l'internet, tant pour les citoyens que pour les entreprises, est amené à croître dans les prochaines années", a conclu Charles Michel.