Climat : La N-VA estime que la balle est dans le camp de la Région wallonne

La N-VA ne semble plus vouloir faire monter les enchères au sein du gouvernement flamand au sujet du projet d’accord de répartition de l’effort à consentir pour le climat. Le chef de fraction des nationalistes flamands Matthias Diependaele a estimé dans l’émission "Villa Politica" (VRT) que la balle était dans le camp de la Région wallonne pour débloquer la situation.

Hier la N-VA avait critiqué le projet d’accord, conclu avec les deux autres régions et le gouvernement fédéral, par la ministre flamande de l’Environnement Joke Schauvliege (CD&V) au sujet de la répartition de l’effort climatique en estimant qu’il était inéquitable pour la Flandre.

Mais ce mercredi la N-VA semble s’être radoucie. "Nous n’avons aucunement remis en question la manière de fonctionner de madame Schauvliege" a déclaré Matthias Diependaele.

"Par sa configuration, la Wallonie pourrait atteindre des objectifs climatiques plus facilement que la Flandre avec un même euro investi. Par conséquent, nous estimons que ce serait l’occasion de faire preuve de solidarité par une répartition plus équitable. Par contre, pour la Flandre, ce serait beaucoup difficile de faire encore plus d’efforts, étant donné notre grande densité de population et notre tissu industriel". Faire appel à la solidarité des Wallons semble donc une bonne option pour Matthias Diependaele.

"Un accord très équilibré"

"Le texte de l'accord sur le climat est très équilibré. Tous les ministres chargés de cette compétence estiment que nous pouvons soumettre ce texte à nos gouvernements respectifs. Je n'ai pas une boule de cristal et je ne sais donc pas ce que le gouvernement flamand décidera vendredi. D'ici quatre semaines débute la Conférence de Paris sur le climat et tout le monde s'accorde pour dire qu'on ne peut pas traîner cette discussion jusque là" a déclaré, ce mercredi, la ministre flamande de l'Environnement, Joke Schauvliege (CD&V) devant le Parlement flamand.

Jean-Claude Marcourt : "Une parole est une parole"

"Une parole est une parole. Joke Schauvliege (CD&V) avait un mandat pour négocier sur les efforts climatiques et elle est parvenue à un accord avec ses partenaires, cela doit être respecté", a indiqué le vice-président du gouvernement wallon Jean-Claude Marcourt (PS), qui s'exprimait sur les critiques de l'accord formulées mardi dans la presse par la N-VA.

L'accord interministériel intervenu dans la nuit de vendredi à samedi sur la répartition intra-belge de l'effort climatique a depuis aussi été critiqué par l'Open VLD, tandis que le CD&V conteste que celui-ci puisse être préjudiciable pour la Flandre.

La N-VA fustige notamment le compromis que défend la ministre flamande de l'Environnement, Joke Schauvliege, au motif que cette dernière a outrepassé son mandat de négociations, notamment en ne récoltant pas suffisamment de revenus de la mise aux enchères des quotas de CO2, ainsi que sur l'effort wallon en production d'énergie renouvelable, jugé insuffisant.

Le gouvernement fédéral - où la N-VA est aussi présente - se pose aussi des questions, a affirmé mardi matin le vice-Premier ministre Jan Jambon (N-VA).

"On peut critiquer un accord à l'infini, mais une fois qu'il est conclu, on doit le respecter", a commenté Jean-Claude Marcourt, actuellement au Canada dans le cadre d'une mission économique princière.

Il a précisé qu'il n'avait pas l'intention d'aborder le sujet avec le ministre fédéral Didier Reynders (MR) et le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) qui participent également à cette mission.