Répartition de l'effort climatique : "Cela mine la crédibilité de la Belgique"

"Dans le bloc des 28 pays européens, la Belgique est le seul à ne toujours pas avoir de plans détaillés de répartition des objectifs climatiques entre les régions" a déclaré Jos Delbeke, directeur général pour l’action climatique à la Commission européenne, invité de l’émission "De ochtend" (VRT), ce mercredi matin. "Notre pays va se faire ridiculiser d’un point de vue international".

La dispute intra-belge sur l’effort climatique n’est pas bonne pour l’image de marque de notre pays sur la scène internationale. "Au sommet de Paris nous allons devoir nous accorder avec 190 pays et si nous ne parvenons déjà pas à régler une querelle de clocher dans notre propre pays, cela n’est pas bon du tout pour notre crédibilité".

"La situation belge est surveillée de près par les autorités européennes" a confirmé Jos Delbeke.

Quatre pays ne sont pas encore prêts à fixer leurs objectifs pour 2020 en matière d’efforts pour le climat et la Belgique en fait partie, (les autres pays sont l’Autriche, l’Irlande et le Grand-Duché de Luxembourg).

"S’il y a encore des discussions internes c’est un mauvais présage pour la suite et c'est encore plus inquiétant.  Si nous faisons des recommandations c’est pour corriger nos erreurs pas pour laisser aller les querelles".

"Si dans un mois au Sommet de Paris, la Belgique n’est toujours pas parvenue à trouver un accord, alors ce sera un déshonneur pour un pays qui est internationalement reconnu pour ses prises de positions ambitieuses en ce qui concerne le climat".

"Il y a deux choses qui sont en contradiction : d’un côté s’abstenir d’appliquer les règles et de l’autre avoir une attitude ambitieuse d’un point de vue international » Cela mine terriblement la crédibilité de notre pays."

"Un accord définitif d'ici la fin de la semaine"

De son côté, le Bond Beter Leefmilieu (BBL), pendant flamand d’Inter-Environnement, a exigé un accord définitif entre entités belges d’ici la fin de la semaine, s’agissant de "la dernière occasion d’arriver à un accord" d’ici au sommet de Paris.

L’association a invité l’ensemble des partis du gouvernement flamand, "en particulier la N-VA", à se montrer constructifs, d’autant que les objectifs partagés de réduction d’émissions et d’énergies renouvelables ne sont pas du tout ambitieux.

"Il est incompréhensible que même ces faibles objectifs constitueraient un obstacle pour le gouvernement flamand", a-t-elle estimé.