Le plan de réforme de bpost approuvé

La direction de bpost et les syndicats, réunis en commission paritaire, ont approuvé jeudi midi le plan MSO, avec quinze voix pour et trois contre, a appris l'agence Belga sur place. La CSC, opposée à ce plan et en grève depuis la semaine dernière, dénonce "l'aumône" que perçoivent les travailleurs ainsi qu'une concurrence déployée directement par les anciens collaborateurs de l'entreprise postale.

Le plan MSO prévoit entre autres que le travail du samedi soit assimilé à un travail de semaine, entraînant la suppression des deux heures de compensation accordées aux salariés pour le travail de week-end et leur remplacement par une prime nette annuelle de 240 euros.

A l'heure actuelle, les facteurs travaillant le premier jour du week-end ne prestent que 36 heures par semaine, contre 38 heures pour ceux qui ne travaillent que du lundi au vendredi, bénéficiant ainsi de 2 heures de compensation.

Faisant référence aux principaux concurrents de bpost, qui étaient d'anciens collaborateurs de l'entreprise et qui utilisent "un réseau, une stratégie, des contacts clients pour lesquels ils ont été largement rémunérés", le responsable CSC Transcom André Blaise s'est demandé "de qui on se fout ici.

Chaque fois que nous vous avons imploré de conserver un minimum d'humanité lorsque vous supprimiez les derniers acquis des postiers qui, grâce à leur travail, ont fait ce que la multinationale bpost est aujourd'hui... vous nous rétorquez que ce n'est pas possible car la concurrence est là.

Excusez-moi mais je me permets de rappeler qu'une des quatre valeurs prônée par bpost est 'mériter la confiance'. Je me demande qui sont les fossoyeurs de l'entreprise", a-t-il poursuivi.

La CSC était opposée au plan MSO, "imposant à des postiers, particulièrement à ceux percevant une aumône de 10,57 euros de l'heure, de travailler, entre autres, tous les samedis en recevant royalement 60 euros par trimestre", dénonce André Blaise.

La CGSP (FGTB), de son côté, est satisfaite de la quinzaine d'amendements apportés au plan ce jeudi, son objectif, en accord avec le SLFP (CGSLB), étant de privilégier la négociation jusqu'au bout. Les exigences rencontrées concernent notamment la garantie des emplois à long terme et l'organisation du week-end.

Cette dernière prévoit maintenant des équipes de renfort sur base du volontariat avec des compensations financières.

"Cet accord va également permettre de diminuer le taux d'absentéisme", a ajouté Jacques Lespagnard, secrétaire général CGSP. Cette dernière revendication, également pointée par le conseil d'administration, est réfutée par André Blaise.

"Alors que l'objectif d'absentéisme à court terme pour le personnel est de 3,7%, 50% des membres du conseil d'administration ont un taux d'absentéisme égal ou supérieur à 10%", déplore le syndicaliste.

La direction a également fait part, par la voie de son porte-parole, de sa satisfaction d'être arrivée à un "accord équilibré avec la majorité des représentants à propos du nouveau modèle d'organisation. Ce plan était important pour l'avenir de l'entreprise qui fait face à un marché extrêmement concurrentiel, notamment celui des paquets.

Nous avons la preuve que le dialogue social fonctionne bien dans cette entreprise qui respecte ses intérêts tout en garantissant l'emploi du personnel", a expliqué Baudouin de Hepcée.

Les nouvelles réglementations entreront en vigueur le 1er janvier 2016.

La réunion a débuté jeudi à 09h30 au siège central de bpost en vue d'avaliser le plan MSO. Trois représentants CSC, quatre FGTB et deux CGSLB étaient réunis avec neuf membres de la direction de l'entreprise postale. Dans le même temps, selon les chiffres de la police, quelque 130 représentants du syndicat chrétien s'étaient réunis sur la place de la Monnaie en attendant la fin de la réunion.