La répartition intra-belge de l’effort climatique sera revue

Les vice-Premiers ministres Kris Peeters (CD&V), Jan Jambon (N-VA) et Alexander De Croo (Open VLD) ont fait savoir ce vendredi que le gouvernement fédéral veut renégocier avec les Régions flamande, wallonne et bruxelloise le pré-accord interministériel sur le partage des efforts climatiques, intervenu dans la nuit de vendredi à samedi derniers. Il le juge peu réaliste. En Flandre, la N-VA avait d’ailleurs critiqué la façon dont la ministre de l’Environnement Joke Schauvliege avait négocié cet accord. Le gouvernement flamand a néanmoins demandé à Schauvliege de reprendre les négociations.
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Alors que les gouvernements wallon et bruxellois avaient immédiatement donné leur feu vert à l’accord interministériel, intervenu dans la nuit de vendredi à samedi derniers, sur la répartition intra-belge de l’effort climatique, le gouvernement flamand n’était pas encore prêt à le faire. Trop de voix s’élevaient en effet dans la Région flamande pour dénoncer un accord peu équilibré.

La N-VA avait ainsi critiqué haut et fort le compromis que défendait la ministre de l’Environnement, Joke Schauvliege (CD&V). Le parti nationaliste estime notamment que la Flandre devra faire trop d’efforts par rapport aux deux autres Régions.

Ce vendredi, les vice-Premiers ministres fédéraux Kris Peeters (photo), Jan Jambon et Alexander De Croo annonçaient de leur côté que le pré-accord sur l’effort climatique intra-belge sera renégocié. D’après le ministre Peeters, il n’est cependant pas réaliste de réclamer un effort supplémentaire du fédéral. C’est aux Régions à faire davantage.

Le ministre-président de la Région flamande, Geert Bourgeois (N-VA), faisait pour sa part savoir que son gouvernement chargeait la ministre de l’Environnement Joke Schauvliege d’un nouveau mandat, pour mener à bien les négociations supplémentaires. La ministre déclarait pour sa part ne pas considérer cette reprise de discussions comme "une seconde session ".

Accord en négociation depuis 6 ans

D’ici 2020, la Belgique devra tirer 13% de son énergie de sources d’énergie renouvelables. Dans l’accord que la ministre fédérale Marie-Christine Marghem (MR) a conclu dans la nuit de vendredi à samedi dernier avec ses collègues régionaux, elle promettait de faire des efforts supplémentaires pour l’énergie verte. C’est irréaliste, estime Kris Peeters.

Etant donné que les autorités européennes ne reconnaissent plus la centrale hydraulique de Coo (province de Liège) comme de l’énergie renouvelable, il sera très difficile d’atteindre le but fixé, précise le vice-Premier ministre. Il estime que c’est aux Régions flamande, wallonne et bruxelloise de faire des efforts accrus.

Alors que le Premier ministre Charles Michel avait souligné jeudi qu’il ne s’agissait encore que d’un projet d’accord, les ministres fédéraux appellaient ce vendredi à une renégociation, "pour que chacun puisse s’y retrouver", indiquait le ministre De Croo (photo).

Le but est d’arriver au niveau intra-belge à un accord global sur le climat d’ici la Conférence internationale sur le climat qui se tiendra fin novembre à Paris, afin de ne pas mettre en péril la crédibilité de la Belgique au niveau international.