L’armée belge prépare une éventuelle mission de l’Otan

Quelque 700 militaires belges prennent part au nord-est de l’Espagne au vaste exercice terrestre, aérien et maritime "Trident Juncture 2015" qui vise à tester la force de réaction rapide de l’Otan, la "Nato Response Force" qui sera en stand-by l’an prochain. Quelque 36.000 soldats d’une trentaine de pays y participent, en Espagne, Italie, au Portugal et dansles eaux avoisinantes.

La patrouille de commandos belges s'avance, à bord de petits camions Unimog, sur la piste poussiéreuse d'un camp militaire vallonné quand soudain des coups de feu retentissent, blessant un des soldats. Aussitôt, les hommes pris dans cette embuscade tendue par des insurgés débarquent en tiraillant pour riposter, tandis que deux d'entre eux prodiguent les premiers soins à leur camarade et réclament par radio son évacuation d'urgence vers un poste de secours.

Cette scène - simulée - s'est déroulée jeudi après-midi au sein de l'immense terrain d'entraînement de San Gregorio, près de Saragosse, dans le nord-est de l'Espagne, impliquant un contingent du 2ème bataillon commandos de Flawinne (Namur) qui participe au vaste exercice terrestre, aérien et maritime "Trident Juncture 2015" de l'Otan dans le sud de l'Europe. Quelque 36.000 hommes d'une trentaine de nationalités répartis sur l'Italie, l'Espagne, le Portugal et les eaux avoisinantes y participent.

Le but de cet exercice, d'une ampleur inégalée depuis 2002, vise à entraîner et à tester la force de réaction rapide de l'Otan - la "NATO Response Force" (NRF) - qui sera en "stand-by" l'année prochaine et en particulier son élément à très haute réactivité, la "Very High Readiness Joint Task Force" (VJTF).

Implication belge

La Belgique s'est précisément engagée à fournir en 2016 un "groupement tactique" (en anglais "Battle Group") à cette force "fer de lance" de 5.000 hommes capable de se déployer partout dans le monde en deux à cinq jours.

Et c'est pour se préparer à cette période de "stand-by" d'un an que le groupe de combat belge NRF-16, articulé autour du 2ème bataillon commandos, se déploie du 21 octobre au 6 novembre à San Gregorio. Avec à son programme des parachutages avec des unités américaines et italiennes, des embuscades et du combat en zones urbaines. Ils sont renforcés par divers éléments du bataillon de Chasseurs à Cheval d'Heverlee (Louvain), de génie, de communications, logistique et médicaux pour atteindre un total de quelque 700 hommes et femmes.

Certaines améliorations nécessaires

Mais d'ultimes réglages sont encore requis pour que cette brigade multinationale soit en mesure de fonctionner correctement: l'amélioration des communications - principalement radio - entre les cinq bataillons de combat (deux espagnols, un belge, un portugais et un britannique) qui la composent. Dont les deux derniers brillent par leur absence lors du dernier test grandeur nature qu'est "Trident Juncture", ont indiqué jeudi plusieurs responsables militaires.

L'interopérabilité entre les contingents est ainsi loin d'être optimale et "90% des soldats espagnols ne parlent pas anglais", la langue véhiculaire au sein de l'Otan, a souligné un officier belge.

Quant à la certification finale de la VJTF, elle n'interviendra qu'en mai 2016 lors d'un ultime exercice, trois mois avant le prochain sommet de l'Otan, prévu début juillet à Varsovie. Soit bien après le début de la période de "stand-by", qui débute le 1er janvier. "On fera ce qu'on pourra", estiment, un peu dépités, des responsables militaires belges après avoir découvert les lacunes dont souffre l'échelon supérieur du futur "Battle Group" NRF-16.

Les moyens budgétaires nécessaires à l’engagement réel du détachement belge, en cas d’une crise subite en 2016, n’ont pas non plus encore été libérés.