Plus de 2 millions de visiteurs au pavillon belge de Milan

Alors que l’Exposition universelle de Milan - qui avait pour thème "Nourrir la planète" - ferme ses portes ce samedi 31 octobre, six mois après son ouverture, un premier bilan transmis par la commissaire-générale adjointe Marie-Noëlle Higny fait état de plus de deux millions de visiteurs au pavillon belge (photo), soit environ 10% des 20 millions de visiteurs à l’événement international. Le pavillon regroupant sous un même toit les trois Régions flamande, wallonne et de Bruxelles-Capitale mettait l’accent sur la durabilité environnementale et l’innovation technologique.

"Certains jours, surtout les week-ends, le pavillon était véritablement saturé et les temps d'attente pour y pénétrer étaient assez dissuasifs", précise la commissaire-générale adjointe Marie-Noëlle Higny. La superficie attribuée à la Belgique avait été augmentée début mai via l'annexion d'un terrain qui aurait dû accueillir l'Ukraine, qui n'avait finalement pas pu être présente.

Le pavillon belge, construit sur une parcelle de 2.717 mètres carrés et imaginé par l'architecte namurois Patrick Genard, était composé de trois espaces: la ferme, la cave et l'atrium.

Sur le thème "Nourrir la planète", l'Exposition universelle rassemblait 145 nations. Dans cette optique, l'entomophagie (consommation d'insectes) était l'une des alternatives alimentaires présentées au pavillon belge, pour répondre aux défis alimentaires du futur, aux côtés de l'aquaponie, l'hydroponie, la culture de champignons dans du marc de café ou encore l'utilisation des herbes et plantes sauvages.

L'objectif était notamment de faire connaître quelques produits à base d'insectes fabriqués par des entreprises belges (essentiellement des tapenades et des pâtes), une première en Italie puisque ces produits n'y sont pas autorisés. Après mises sous scellés des stocks, les autorités italiennes avaient finalement accepté la dégustation de produits à base d'insectes au sein du pavillon.

Plus d’une tonne de frites par jour

La Belgique a procédé à un investissement total de 13 millions d'euros, avec des contributions réparties entre l'Etat fédéral et les différentes Régions et Communautés du pays, ainsi que trois millions d'euros provenant des bénéfices réalisés par le pavillon belge lors de la dernière Exposition universelle à Shanghai en 2010.

Sans pouvoir déjà déterminer le chiffre d'affaires sur ces six mois, la commissaire adjointe a insisté sur la visibilité dont ont pu bénéficier les 300 entreprises impliquées dans la construction ou l'exploitation du pavillon, la plupart ayant déjà fait part de leur désir de participer à la prochaine Exposition universelle qui aura lieu à Dubaï en 2020. Par ailleurs, différents contacts ont été pris, mais aucune offre ferme de rachat du bâtiment n'a été formulée.

La consommation est estimée à plus d'une tonne de frites vendues par jour, environ 1.000 bouteilles de bières (petites et grandes marques) dans le bar à bières à l'intérieur du pavillon et 2.000 consommations à l'extérieur. Cinq chocolatiers et trois biscuitiers belges ont également pu faire la promotion de leurs produits, tandis qu'une cinquantaine de chocolatiers ont pu démontrer leur savoir-faire lors de démonstrations quotidiennes au "Chocolate corner".

Bien que les débuts du pavillon belge aient été entachés par des accusations portées par l'ancien chef du pavillon, Benoît Gersdorff, dénonçant des "manquements et dysfonctionnements dans l'organisation et la gestion" par le Commissariat général, le Namurois Olivier Bourguignon ("Le D'Arville" à Wierde) a rapidement repris les commandes de la cuisine, et ce jusqu'à la fin de l'Exposition universelle.

Enfin, pour l'utilisation massive de matériaux recyclables pour sa construction et de systèmes d'énergie renouvelable (panneaux photovoltaïques, éolien, puits canadien, pompes à chaleur et traitement des eaux usées récupérées pour entretenir le jardin du pavillon), le pavillon belge a reçu une mention spéciale dans la catégorie "Design et matériaux du bâtiment" ainsi qu'un prix pour ses "autres initiatives spéciales" grâce à la présentation de méthodes de production alimentaires alternatives. Le jury était composé de représentants du gouvernement italien, du pouvoir organisateur de l'Exposition et du Bureau régional pour l'Europe du Programme des Nations Unies pour l'Environnement.