Galant suspend le contrat polémique d’un bureau d’avocats

La ministre fédérale de la Mobilité (photo), Jacqueline Galant (MR), avait été critiquée la semaine dernière pour avoir attribué un contrat de consultance très onéreux au bureau international d’avocats Clifford Chance, sans passer par un appel d’offres, pour la conseiller dans ses compétences relatives aux voies aériennes. Elle a décidé de résilier le contrat.

Mise en cause depuis plusieurs jours - tant par l'opposition que par sa propre administration - pour avoir attribué un contrat de consultance pour le moins onéreux au bureau d'avocats internationaux Clifford Chance sans passer par un appel d'offres, afin de la conseiller dans ses compétences relatives aux voies aériennes, la ministre libérale Jacqueline Galant a donc décidé de résilier le contrat en question.

Le cabinet de la ministre fédérale de la Mobilité n'a cependant pas souhaité faire de commentaire sur le montant des indemnités qui seraient dues aux avocats en question à la suite de cette rupture de contrat, ni s'il comptait relancer un marché public en bonne et due forme pour sélectionner un nouveau bureau.

D’après le quotidien La Libre Belgique, l'Etat belge travaille depuis de nombreuses années avec un autre cabinet en ce qui concerne les dossiers relatifs aux voies aériennes.

Sur les bancs de l'opposition, la député fédérale Vanessa Matz (CDH) a exigé de la ministre qu'elle vienne s'expliquer en commission de l'Infrastructure afin de faire toute la lumière sur ce dossier. "La décision de suspendre la collaboration avec le cabinet Clifford Chance n'exonère en rien la responsabilité de la ministre sur les actes du passé et les sommes engagées en toute illégalité", a estimé Matz.

Le FDF estimait également dimanche que la suspension du contrat "ne met pas pour autant fin à cette affaire de violation de la loi sur les marchés publics". Le président du FDF, Olivier Maingain, demandera l'audition des représentants de la Cour des comptes lors de la prochaine réunion de la commission parlementaire qui connaîtra de cette affaire, afin de vérifier si la Cour a pu exercer son contrôle légal des dépenses du cabinet dans ce dossier.

"S'il se confirme que la ministre Galant a enfreint la loi pour privilégier un cabinet d'avocats, de surcroît proche d'un des plus hauts responsables de son cabinet, la ministre devra en tirer les conséquences en présentant sa démission", a affirmé le député d'opposition.

De son côté, le Premier ministre Charles Michel (MR, photo) a défendu jeudi à la Chambre la "bonne foi" de Jacqueline Galant, reconnaissant toutefois qu’elle avait agi avec imprudence.