"Les gouvernements déplument les communes"

A l’initiative de Dirk De Vis (CD&V), bourgmestre de la commune limbourgeoise de Ham, quelque 48 bourgmestres de toute la Flandre ont écrit une lettre ouverte aux députés flamands, dans laquelle ils rappellent les gouvernements fédéral et régional à l’ordre. Les mayeurs soulignent que de nombreuses mesures et économies imposées par ces gouvernements coûtent très cher aux communes. Ils demandent notamment à être consultés avant la prise de décisions les concernant.

Le bourgmestre Dirk De Vis (photo) - rejoint par ses collègues de 47 autres communes flamandes - a rédigé la lettre ouverte après que le gouvernement flamand ait décidé de réduire progressivement le précompte immobilier sur les machines. Les communes percevant des centimes additionnels sur ce précompte immobilier, leur suppression signifiait une réduction des revenus des communes.

Pour donner une idée de grandeur, la réduction progressive du précompte immobilier coûtera à une ville comme Gand (Flandre orientale) quelque 12 millions d’euros dès 2019. Pour Tessenderlo (province du Limbourg, photo principale), cela représentera 2,5 millions d’euros en moins par an.

Le bourgmestre De Vis épingle encore toute une série de mesures qui sont financièrement douloureuses pour les communes, comme la suppression par le gouvernement flamand de subventions sectorielles pour la culture, le sport et la jeunesse, de subventions environnementales, de subsides pour la conservation du patrimoine, et l’augmentation des charges de pension.

De son côté, le gouvernement fédéral a imposé les dividendes des intercommunales, a réduit les dotations aux zones de police, et a introduit des zones de secours dont les communes doivent assumer le plus gros coût.

"Une masse de nouveaux impôts"

Dans leur lettre ouverte, les 48 bourgmestres flamands soulignent que toutes ces mesures coûtent beaucoup d’argent aux communes. Ils reprochent aux gouvernements fédéral et flamand de "déplumer les communes", et d’avoir pris toutes ces mesures sans consultation préalable avec eux.

Les bourgmestres mettent en garde : ils se dirigent vers une situation intenable et craignent de devoir bientôt imposer "une masse de nouveaux impôts" pour compenser les mesures prises au-dessus d’eux. Sinon, ils devront réduire les services et ne pourront plus faire entretenir les routes et pistes cyclables de leurs localités.

Les bourgmestres appellent donc les députés flamands au niveau régional comme fédéral à inciter leur gouvernement respectif à la prudence.