Onze enfants congolais adoptés peuvent venir en Belgique

Le ministre belge des Affaires Etrangères, Didier Reynders (MR, photo), a confirmé lundi que onze enfants adoptés par des couples belges vont pouvoir quitter la République démocratique du Congo, après y avoir été retenus pendant plus de deux ans à la suite d’un moratoire sur l’adoption internationale. D’autres familles résidant en Italie, Allemagne, France, Suisse, aux Pays-Bas, Etats-Unis et Canada ont subi le même sort que les familles belges.

"Nous avons autorisé la sortie de 69 enfants du territoire national", a déclaré lundi à la presse le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, à l'issue d'une réunion à Kinshasa avec les ambassadeurs des principaux pays concernés. "Nous avons également autorisé la sortie de trois enfants atteints de maladies graves", a-t-il ajouté.

Selon Thambwe (photo archives), cette mesure concerne des enfants devant être adoptés par des familles américaines, italiennes, belges, canadiennes, allemandes, françaises, néerlandaises et suisses. L'ambassadeur de Belgique en République démocratique du Congo (RDC), Michel Latschenko, était présent à cette réunion et a appris que douze dossiers concernant onze enfants adoptés par des familles belges avaient été approuvés, a indiqué le ministre Didier Reynders à l'agence Belga. "Nous allons, avec l'ambassade à Kinshasa, préparer leur retour en Belgique au plus vite".

Le ministre des Affaires Etrangères doit rencontrer mercredi après-midi les familles adoptives - un entretien prévu de longue date - qu'il a remerciées pour leur "discrétion" dans cette affaire délicate qui a fait l'objet de longues discussions avec les autorités de Kinshasa, à plusieurs niveaux, y compris avec le Premier ministre et le chef de l'État. Le chef de la diplomatie belge a aussi remercié les autorités congolaises pour ce dénouement, rappelant qu'une première vague d'enfants avaient déjà été autorisés à quitter la RDC dans le passé.

Moratoire sur l’adoption internationale

Mais fin 2013, Kinshasa avait suspendu les autorisations de sortie pour les enfants adoptés par des étrangers. Les autorités congolaises avaient alors indiqué avoir pris cette décision à la suite d’informations selon lesquelles des enfants congolais adoptés dans certains pays auraient été maltraités, ou leur adoption transférée à des couples homosexuels, ce qu'interdit la loi congolaise. Le gel des sorties a été renouvelé sine die en septembre 2014.

Cette situation est vécue comme un drame par les familles concernées, condamnées à vivre séparées par plusieurs milliers de kilomètres. Depuis septembre 2013, quelques-uns de ces enfants destinés à rejoindre des familles à l'étranger sont morts.

Le refus de sortie d'enfants adoptés avait été à l'origine en 2014 de la condamnation d'une ressortissante belge, Laurence Sénéchal (photo), à six mois de prison ("servitude pénale") et à une amende de 300.000 francs congolais (environ 325 euros) pour "déplacement illicite d'enfant". Elle avait en effet tenté, en soudoyant des agents de l'immigration, de faire quitter illégalement le territoire congolais à Imany, la fillette de six ans qu'elle avait adoptée.

Nicolas Maeterlinck