Un brasseur bruxellois souffre du réchauffement climatique

En raison des températures très douces pour la saison, et notamment la nuit, la brasserie artisanale Cantillon - installée depuis 1900 dans la commune d’Anderlecht - est au chômage technique. Le lambic- une bière de fermentation spontanée - ne pouvant refroidir suffisamment à l’air libre que pour être ensemencé par des levures naturelles, la production est momentanément suspendue.

La brasserie familiale Cantillon met un point d’honneur à produire sa bière de façon tout à fait naturelle. C’est pourquoi le brasseur de lambic fondé en 1900 dans la commune bruxelloise d’Anderlecht refuse d’avoir recours à des méthodes artificielles de refroidissement. "La température idéale est de 0 à 5 degrés", explique le propriétaire Jean Van Roy.

C’est à cette température ambiante que le lambic refroidit normalement tout à fait naturellement, la nuit à l’air libre, pour être ensuite ensemencée par des levures naturelles. Ce processus implique donc des nuits froides.

Or, actuellement, les températures nocturnes se situent entre 10 et 15 degrés, ce qui risque d’engendrer trop de bactéries dans le processus de fabrication du lambic - qui serait alors impropre à la consommation.

Plutôt que de devoir ensuite jeter des centaines de litres de breuvage doré, Cantillon a donc interrompu momentanément sa production de bière. Un petit producteur artisanal peut se permettre un chômage technique d’une semaine, mais s’il se prolonge davantage, l’entreprise familiale en souffrirait. "Une semaine n’est pas un drame, mais plus longtemps que cela deviendrait un problème".

Jean Van Roy espère donc - à l’encontre de ses concitoyens sans doute - voir les nuits se refroidir rapidement. Il veut certainement reprendre son activité le samedi 14 novembre, avec une journée de brassin public.