Jozef De Kesel est le nouveau primat de Belgique

L'évêque de Bruges, Mgr Jozef De Kesel, devient le nouvel archevêque de Malines-Bruxelles, a annoncé vendredi le représentant de la conférence épiscopale Tommy Scholtes. Son nom avait été régulièrement cité parmi les favoris à la succession de Mgr Léonard, de même que celui de l'évêque d'Anvers, Mgr Johan Bonny, et celui de l'abbé d'Orval Lode Van Hecke.

Mgr Léonard avait remis le 6 mai dernier, jour de ses 75 ans, sa démission au pape François et ce, conformément au code de droit canon. Le nonce apostolique, Giacinto Berloco, avait alors entamé ses consultations en vue de trouver un successeur au Primat de Belgique.

Le nouveau primat de Belgique s’est dit heureux de cette nomination. Lors d'une conférence de presse, Jozef De Kesel a souligné l'importance de réfléchir à la place de la religion dans une société qui a évolué d'une communauté chrétienne relativement homogène vers une société laïque. Pour lui, l'Église doit rester une communauté ouverte, qui ne s'isole pas de la société.

"Une crise est un concept positif"

Le nouvel archevêque de Malines-Bruxelles est conscient que l’Eglise fait face à de grands défis et qu'elle doit entamer un processus pour faire face à la crise qu’elle connait en Occident."Je suis profondément convaincu que l'Église est en crise mais, pour moi, le mot crise est un concept positif. C'est à dire que c'est un moment de changement. Il faut accepter la situation telle qu'elle est aujourd'hui et, à partir de là, construire un avenir nouveau", a-t-il souligné.

"Être croyant n'est plus un réflexe spontané, alors que l'Église était omniprésente jusqu'aux années 50 et avait une forte influence et position", ajoute-t-il. "La séparation entre l'Église et l'État est très importante et les autorités doivent être neutres, mais la société elle-même n'est pas neutre. La religion est présente dans la société." C'est pourquoi le nouvel archevêque estime que le grand défi est de réfléchir à la place de la religion dans la société laïque et pluraliste.

Pour lui, l'islam traverse une crise similaire. "L'islam est également confronté à cette question: que signifie pour les musulmans être croyants dans une société où la sharia n'est pas la loi. Même question pour les chrétiens: que signifie être chrétiens dans une société qui n'est pas chrétienne dans son ensemble? "

Selon Mgr. Jozef De Kesel, l'Église n'a plus la même influence qu'elle avait avant. "Mais j’espère que l’Eglise n’évoluera pas vers un groupe fermé, car alors, elle deviendrait une secte", a-t-il déclaré. "L’Eglise ne peut pas s’enfermer dans ses propres idées et ne s’occuper que d’elle-même", estime encore le nouveau primat de Belgique qui plaide pour une Eglise engagée, également au niveau social.

Premières déclarations sur les questions sensibles

Mgr. Jozef De Kesel a également donné son avis sur le manque de prêtres, auquel il faudra sans doute trouver des solutions à l'avenir. "Il ne faut pas uniquement voir le manque de prêtres. Il y a beaucoup de personnes qui s'engagent dans l'Église. Nous ne sommes pas une Église uniquement cléricale et c'est important."

L'évêque de Bruges a par ailleurs déclaré que l'Église devrait être plus ouverte à l'homosexualité. "Il faut respecter ceux qui sont homosexuels. L'Église a ses raisons de ne pas reconnaître un mariage homosexuel comme un mariage. Elle a une définition très précise du mariage, je l'accepte", explique-t-il. "Le respect des uns et des autres est une valeur importante de l'Évangile, mais aussi de la culture moderne."

Interrogé par les journalistes à l'issue de la conférence, Mgr Jozef De Kezel a également évoqué son mandat de cinq ans en tant qu’évêque de Bruges. "J’ai été nommé dans des circonstances difficiles", a-t-il indiqué, en allusion à l’affaire de pédophilie qui a touché son prédécesseur, Roger Vangheluwe. "Je ne sais pas si j’étais prêt. Je n’avais jamais dû prendre auparavant la responsabilité d’un évêché et j’ai beaucoup dû apprendre. J’ai tout de même été marqué par cette problématique", a-t-il encore admis.

Mgr Jozef De Kesel entrera officiellement en fonction le 12 décembre à 15H00 "lors de la prise de possession de la cathédrale". Il deviendra également évêque des armées. Mgr Léonard endossera quant à lui la fonction d'administrateur apostolique de l'archevêché jusqu'à l'installation de son successeur.