De Wever demande à l’Europe de stopper l’afflux de réfugiés

Le président de la N-VA Bart De Wever a adressé une lettre ouverte aux partis de centre-droite en Belgique et en Europe pour exiger une réaction forte face à l'afflux de demandeurs d'asile actuellement constaté sur le continent. Theo Francken se demande lui dans De Morgen si la Belgique ne doit pas réitérer ses appels vers les migrants potentiels à ne pas effectuer le voyage.
Jasper Jacobs

La missive du président de la formation nationaliste s'adresse à tous les partis conservateurs, libéraux et démocrate-chrétiens de l'Union européenne. Rédigée en anglais, elle a été envoyée en vue du sommet européen sur les réfugiés qui se tiendra la semaine prochaine.

A travers cette lettre, Bart De Wever cherche des soutiens pour décider de mesures drastiques destinées à mettre un terme à l'arrivée des migrants. "Nous pourrions envisager un système de quotas fermés de demandeurs d'asile", explique-t-il, faisant prévaloir l'offre sur la demande.

"Cette année, 1 million de personnes ont déjà demandé l’asile en Europe. Beaucoup s’attendent à ce que ces chiffres se répètent l’année prochaine", écrit De Wever dans sa lettre. "Cette crise n’est pas unique. Sans stratégie partagée, nous ferons face à un problème structurel".

Déplorant que l'Europe n'ait pas pu apporter une solution structurelle à la crise jusqu'à présent, Bart De Wever plaide tour à tour pour un modification de la Convention de Genève, une remise en question des missions de sauvetage en Méditerranée qui encourageraient selon lui les migrants à risquer leur vie ou encore un renforcement des frontières extérieures de l'Union.

"Les frontières extérieures doivent être fermées. Car tant qu’il est possible d’entrer illégalement en Europe, les gens continueront à risquer leur vie en mer. Les valeurs européennes nous obligent à mettre une fin à cette souffrance. Il n’y a pas d’excuse. Nous devons surveiller nos frontières, et nous devons le faire nous-mêmes", indique-t-il encore.

Bart De Wever propose aussi que l'accueil des populations fuyant la guerre s'effectue en zone sûre dans les pays voisins. "Ces territoires sont plus faciles à atteindre pour les migrants, et cela coûte aussi moins cher", estime-t-il. "Une fois en zone sûre, il faut qu’il soit clair qu’il n’y a plus de raisons de fuire".

De son côté, le secrétaire d'Etat Theo Francken embraie sur les propos de son président de parti dans une interview accordée au Morgen. "La Belgique doit prendre garde à ne pas devenir le siphon de l'Europe vers lequel le flux des demandeurs d'asile s'engouffre", déclare M. Francken. "Je ne peux pas lancer un appel à rester loin de la Belgique tout seul. Nous devons en parler au gouvernement, car la situation est intenable."