Le nucléaire et l'EI au programme de la visite de Reynders en Iran

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders se rend en Iran ce dimanche jusqu’à mardi pour une série d'entretiens bilatéraux. La situation de la sécurité dans la région et l'accord sur le nucléaire récemment conclu devraient occuper largement les conversations de cette visite du vice-Premier MR à Téhéran, qui intervient moins de deux ans après la dernière.

Fin février 2014, alors qu'il était à l'époque chef de la diplomatie du gouvernement Di Rupo, M. Reynders s'était rendu trois jours en République islamique d'Iran. L'entrée en fonction de président Hassan Rohani, considéré par beaucoup comme plus modéré que son prédécesseur, et un précédent accord sur le nucléaire iranien avaient à l'époque provoqué un rapprochement entre l'Europe et le pays. Didier Reynders était l'un des premiers ministres des Affaires étrangères occidentaux à se rendre à Téhéran.

Deux ans plus tard, le programme nucléaire risque une nouvelle fois d'être au coeur des discussions. Il s'agira désormais de l'implémentation de l'accord conclu le 14 juillet dernier entre l'Iran, les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l'Onu ainsi que l'Allemagne, sur la réduction de son programme nucléaire. Les sanctions économiques qui pesaient sur la République islamique ont en échange été levées.

Un autre sujet qui devrait, selon toute vraisemblance, être abordé est la situation en terme de sécurité de la région, et notamment la lutte contre le groupe terroriste "Etat islamique" actif en Syrie et en Irak. L'Iran, tout comme la Russie, est un allié du gouvernement syrien de Bachar al-Assad, qu'il appelle à soutenir dans le combat contre l'EI.

Ces deux thèmes formeront le volet politique qui prend traditionnellement place lors de chaque visite bilatérale. Il sera également question d'économie. L'Iran, avec ses presque 80 millions de consommateurs, représente en effet un marché potentiel. Avec l'allègement des sanctions économiques, la reprise de relations commerciales peut être envisagée. Le secrétaire d'Etat au commerce extérieur, Pieter De Crem, sera d'ailleurs du voyage.

Le troisième volet abordé sera celui des droits de l'Homme. Le pays est régulièrement montré du doigt par les organisations internationales de défense des droits de l'Homme, même depuis le changement de présidence et l'arrivée de M. Rohani.

L'essentiel de la visite se déroulera lundi. M. Reynders rencontrera alors successivement le président iranien M. Rohani, le ministre des Affaires étrangères Javad Zarif et le ministre des Affaires économiques et des Finances, Ali Taieb Nia. Mardi, M. Reynders quittera Téhéran pour se rendre à Ispahan, où il rencontrera le gouverneur et d'autres autorités locales.