Plusieurs salles refusent de diffuser le film "Black"

Certains cinémas bruxellois, dont le Stockel, ont décidé de ne pas programmer "Black", le nouveau film d'Adil El Arbi et Bilall Fallah qui traite du phénomène des bandes urbaines. Ils craignent que la violence montrée dans le film ne provoque des troubles dans les salles. La directrice du Vendôme, qui ne diffusera pas non plus le film, a toutefois réagi en indiquant que le long-métrage n'allait pas être diffusé car la salle ne programmait jamais ce genre de films.

Black sort ce mercredi 11 novembre sur les écrans. Le film est inspiré de deux romans de l'auteur flamand Dirk Bracke, "Black" et "Back" et raconte l'histoire d'amour entre deux jeunes issus de bandes rivales à Bruxelles. Leur relation enflammée provoque une explosion de violence.

Le réalisateur Adil El Arbi dit comprendre la nervosité des exploitants de cinémas mais souligne qu’il s’agit d’une fiction. "Cette histoire est basée sur la réalité, mais bon, cela reste un film. Et j’espère que les gens auront la chance de le voir".

Kinepolis Bruxelles diffusera le film, mais une vidéo éducative sera montrée avant chaque séance. "Nous n’avions pas l’impression que c’était une démarche utile, ont déclaré les réalisateurs, "mais si cela peut apporter quelque chose alors nous le faisons avec plaisir."

Dans la vidéo, ils exhortent les spectateurs de façon ludique à profiter du film et à rester calmement sur leurs sièges.

Notons que le cinéma Cinépointcom refuse également de diffuser le film à Verviers et à Charleroi.

Johan Voets

Le Vendôme dément

Peggy Fol, directrice et programmatrice du cinéma Vendôme qui se situe dans le quartier de Matonge, où certains scènes du film "Black" se déroulent, a tenu à réagir. 

"Si nous ne programmons pas ce film, c'est parce que nous sommes une salle d’art et essai. 'Black' est un film d’action à l’américaine, avec beaucoup de violence. Cela ne correspond pas du tout à notre ligne éditoriale." Et d’insister : "Ce n’est pas du tout parce que nous avons peur. Je pense qu’on a pris beaucoup plus de risques en passant le film 'Timbuktu', et pourtant, on l’a fait."

Les réalisateurs Adil El Arbi et Bilall Fallah élus Brusseleirs de l'année

L'asbl Be.brusseleir a annoncé lundi les lauréats de son édition 2015. Les réalisateurs Adil El Arbi et Bilall Fallah ont été élus Brusseleirs de l'année et le coureur cycliste Eddy Merckx et le joueur de football Paul Van Himst Brusseleirs pour la vie.

Les deux réalisateurs veulent filmer Bruxelles, comme Scorsese ou Spike Lee leur ont montré New York. Ils ont relevé que quelques cinémas n'ont pas souhaité diffuser leur film "Black", qui sortira en salles mercredi, pour des raisons de rentabilité ou par peur de la violence qu'il pourrait engendrer. Après leur premier long-métrage "Image" dans les quartiers de Bruxelles, ils ont choisi le microcosme des bandes urbaines.

A l'occasion de cette reconnaissance, Adil El Arbi a attiré l'attention sur les talents de la jeunesse bruxelloise qui a inspiré les deux long-métrages qu'il a coréalisé.

"Tous nos acteurs viennent de Bruxelles. Ils n'ont jamais joué, ni fait d'école. On les a choisis par nécessité. Les bandes ont des jeunes d'origines diverses. On a dû aller les chercher dans la rue, parce que les écoles d'acteurs flamandes comme francophones forment surtout des "blancs"".

Aboubakr Bensaihi (19 ans), leur acteur principal, a grandi à Molenbeek. "Si des jeunes ont des rêves, il faut qu'ils se donnent à fond. Le travail ouvre des portes".

© Jo Voets