La police anversoise tire sur une fille de 14 ans avec une balle en plastique

L’équipe d’intervention rapide de la police d’Anvers a tiré avec une balle en plastique sur une jeune fille de 14 ans dans un établissement pour mineurs. Les faits, rapportés par le quotidien De Standaard, se sont déroulés la semaine dernière. L’adolescente, d’origine syrienne, a été touchée au ventre et transférée à l’hôpital avec des blessures légères. L’agence de protection de la jeunesse, Jongerenwelzijn, est choquée par la méthode utilisée par les agents anversois.

Au moment des faits, la jeune fille, qui séjourne dans l’un des établissements anversois pour mineurs, menaçait de se mutiler et de blesser d’autres personnes avec des éclats de verre. Les accompagnateurs et les agents de la police locale ne parvenant pas à la calmer, l’équipe d’intervention rapide a été appelée à agir. Sur place, elle a maîtrisé l’adolescente en utilisant une arme dite "non létale" qui tire des projectiles en plastique, comparables à ceux utilisés dans le paintball, selon la police. La fille a été touchée au ventre. Après avoir été hospitalisée, elle a été placée dans une autre institution.

"Il fallait intervenir de façon drastique. L’action est un choix qui ne fut pas évident, mais elle fut bien réfléchie et correcte", a déclaré à la VRT Sven Lommaert, de la police anversoise.

D’après la police, l’adolescente n’aurait qu’un bleu au ventre. L’agence de protection de la jeunesse, Jongerenwelzijn, n’en est pas moins choquée : "A notre connaissance, ceci n’était jamais arrivé auparavant", explique le porte-parole Peter Jan Bogaert. "Nous demandons une discussion avec le chef de corps anversois afin d’examiner ce qui s’est exactement passé. Je ne peux en dire plus sur ce fait concret, mais nous nous posons tout de même des questions quant à la procédure utilisée. Nous voulons voir comment il est possible d’éviter ce genre de scénario à l’avenir", précise-t-il.

"De Wever doit intervenir"

Le député flamand et chef de groupe Groen au sein du conseil communal d’Anvers, Wouter Van Besien, estime que le bourgmestre de la ville, Bart De Wever (N-VA) doit intervenir après cet incident.

"L’équipe d’intervention rapide a totalement loupé son lancement. De Wever doit clarifier le fait que cette équipe – mise en place en septembre dernier pour lutter contre le terrorisme au sein de la ville – ne doit pas considérer tout le monde comme terroriste", souligne-t-il. Wouter Van Besien a rappelé dans la foulée un autre incident impliquant cette équipe d’intervention, lors duquel une soirée avait été évacuée suite à une blague diffusée sur Twitter.

"Ce qui est inquiétant, c’est que malgré ce genre de faits, la police continue de défendre son approche. Il est clair que l’équipe d’intervention rapide veut aussi vite que possible faire ses preuves, mais ça prouve surtout que les différentes inquiétudes émises lors de la création du service sont justifiées", ajoute-t-il. "Ces agents de police doivent urgemment apprendre non seulement comment et quand tirer, mais aussi et surtout quand ils ne peuvent pas le faire", conclut-il.