"Je n’irai pas à Paris s’il n’y a pas d’accord belge sur le climat"

La ministre bruxelloise de l’Environnement, Céline Frémault (CDH, photo), menace de ne pas se rendre à Paris pour la Conférence sur le climat COP21 - prévue du 30 novembre au 11 décembre prochains - si un accord n’a pu être trouvé sur la répartition intra-belge de l’effort climatique. Le projet d’accord de fin octobre sur le "burden sharing" étant en effet toujours remis en question. Frémault presse ses collègues flamande Joke Schauvliege (CD&V), wallon Paul Furlan (PS) et fédérale Marie Christine Marghem (MR) d’en faire autant.

"Pour ma part, je n'irai pas à Paris s’il n'y a pas d'accord sur le burden sharing", a déclaré ce jeudi sur les ondes de la RTBF Céline Frémault, la ministre bruxelloise qui préside aussi actuellement la Commission nationale climat.

A deux semaines de la réunion internationale sur le climat dans la capitale française (COP21), elle a invité les autres ministres régionaux et fédéral à faire de même s'il n'y a pas d'entente sur la répartition de l'effort climatique pour 2020. "Ce serait désastreux pour la Belgique de se présenter sans accord. On ne doit pas se couvrir de ridicule", a-t-elle lancé.

La ministre a annoncé avoir adressé un courrier mardi à ses homologues wallon Paul Furlan (Energie), flamande Joke Schauvliege (photo) et fédérale Marie Christine Marghem pour relancer les discussions. Elle souhaite identifier les points de désaccords, surtout au niveau fédéral et flamand, et déterminer s'il y a des ajustements possibles par rapport au pré-accord.

Céline Frémault attend que chacun des négociateurs ait un mandat clair de son gouvernement "et soit capable de conclure pour lui". Elle ne compte pas "repartir de zéro après des mois de travail", car à 15 jours de la COP21 "il est hors de question de rééditer une partie de poker menteur", a observé la ministre bruxelloise. Frémault a cependant d'emblée précisé que la marge de manœuvre de la Région bruxelloise était "moindre", vu la taille de son territoire enclavé.

"Inimaginable de ne pas aller à Paris"

Le gouvernement wallon, à travers son ministre-président Paul Magnette et le ministre de l'Energie Paul Furlan (photo), se rendra bien à Paris à la Conférence mondiale sur le climat, a confirmé ce jeudi le ministre Furlan (PS), rappelant qu'il restait disponible "jour, nuit et week-end" pour négocier.

"J'ai un mandat de mon gouvernement et une marge de manoeuvre", a-t-il rappelé, alors que la Wallonie dispose d'une capacité de production d'énergie renouvelable à valoriser auprès d'autres entités pour débloquer le dossier.

"Le gouvernement wallon ira à la conférence de Paris, car indépendamment des autres, nous sommes en ordre. Je rappelle que nous sommes les seuls à avoir dégagé un budget structurel de 7 millions d'euros pour financer notre contribution climatique internationale, ce qui est finalement l'enjeu de la conférence", a-t-il souligné.

Le ministre wallon insiste toutefois sur la question de l'image de la Belgique et de ses Régions si elles devaient se présenter à Paris sans accord tout en allant réclamer des positions contraignantes aux autres. "Ce serait inimaginable de ne pas y aller", a renchéri Paul Magnette, soulignant qu'on annonçait près de 10.000 Belges de la société civile présents autour de l'événement parisien. "On part du principe qu'il y aura un accord (intra-belge) d'ici-là".