Dix millions d’euros belges au Fonds européen pour l’Afrique

La Belgique va contribuer à hauteur de 10 millions d’euros au Trust fund européen destiné à favoriser la stabilité de l’Afrique et donc, à terme, à réduire les flux migratoires, a annoncé ce jeudi le Premier ministre Charles Michel (photo principale) au sommet des chefs de gouvernement européens et africains à La Valette, à Malte. Le Fonds européen pour l’Afrique devrait s’élever à terme à 3,6 milliards d’euros.

La contribution belge de 10 millions d’euros, et celle des autres Etats membres de l’Union, viendra s'ajouter au 1,8 milliard d'euros dégagé par la Commission européenne. A terme, ce sont 3,6 milliards d’euros qui devraient ainsi atterrir dans le Fonds européen pour l’Afrique, ont décidé les chefs d’Etat et de gouvernement européens rassemblés à La Valette, à Malte.

Les Européens espèrent qu'en aidant les régions africaines particulièrement concernées par les phénomènes migratoires à se stabiliser et à développer leur économie, les populations ne ressentiront plus le besoin de partir chercher un avenir meilleur en Europe. Le Fonds servira à financer des projets permettant la création d'emplois, assurant la sécurité alimentaire et des soins de santé de qualité et prévenant les conflits.

En échange, les pays africains concernés devront lutter davantage contre les trafiquants d’êtres humains et ils devront reprendre un nombre accru de réfugiés qui ont vu leur demande d’asile refusée en Europe.

La contribution belge, initialement évaluée à 3 millions d'euros, sera finalement de 10 millions d'euros, a indiqué ce jeudi le cabinet du Premier ministre Charles Michel (MR). L'ensemble des contributions des Etats membres s'élevait à 78 millions d'euros, selon le dernier décompte de la Commission européenne, qui met quant à elle sur la table 1,8 milliard d'euros de fonds européens.

"Pour que le Trust fund pour l'Afrique et notre réponse soient crédibles, je veux voir plus d'Etats membres contribuer et correspondre au 1,8 milliard d'euros que l'Union européenne a débloqués", a commenté le président de la Commission européenne Juncker.

Un consensus pour un plan d’action

Un consensus semblait se dégager mercredi soir concernant le plan d'action destiné à aborder de manière globale et commune à l'Europe et à l'Afrique la problématique de la migration. Les quelque 60 leaders africains et européens rassemblés à Malte ont convenu de s'attaquer aux causes de la migration, notamment par le biais de l'aide au développement, et de mettre en œuvre des politiques de retour et de réadmission.

C'est sur ce dernier point que les Européens étaient très demandeurs, certaines sources soulignant l'urgence de rendre effectifs les retours de migrants dont la demande d'asile a été rejetée. L'an dernier en Europe, moins de 30% des personnes dont la demande a été rejetée sont effectivement rentrées dans leur pays d'origine.

Les leaders ont également convenu de lutter contre toutes les formes de migrations illégales, et d'être plus accueillants pour les étudiants et les chercheurs notamment. Il faudra cependant être vigilants à ce que ces filières ne deviennent pas de nouvelles voies d'immigration illégale, a relevé le Premier ministre belge Charles Michel, qui qualifiait de "bon document" le texte que les dirigeants européens et africains ont commenté mercredi.

Ces dirigeants ont également convenu de se revoir, probablement début 2017, pour faire le point sur la mise en œuvre dès fin 2016 des mesures discutées durant le sommet de La Valette. Elles ont été adoptées formellement jeudi en fin de matinée.