Le Comité P enquête sur le tir sur une adolescente à Anvers

Le Comité P, la police des polices, a ouvert une investigation sur l’intervention rapide menée par une équipe spécialisée de la police anversoise dans une institution pour la jeunesse, début novembre. Elle y a tiré sur une Syrienne de 14 ans qui se montrait menaçante envers d’autres et elle-même avec une arme non-létale. L’information rapportée par le quotidien De Standaard a été confirmée à la rédaction de la VRT.

L’Equipe d’intervention rapide (SRT) de la police anversoise est intervenue le 1er novembre dernier dans une institution pour jeunes de la métropole, où une adolescente de 14 ans d’origine syrienne menaçait de se mutiler et de blesser d’autres personnes avec des éclats de verre. Elle a tiré une balle de plastique sur la jeune fille, pour la calmer. L’adolescente en a gardé un bleu à la jambe.

L’incident a suscité de vives critiques envers la police anversoise, émanant notamment du Commissaire néerlandophone aux Droits de l’enfant, Bruno Vanobbergen, qui estime qu’il est tout à fait inapproprié et inacceptable de "traiter avec des armes des enfants qui ont fui la guerre, tirer une balle en réponse à la vulnérabilité d'un jeune et d'une institution".

Selon un audit interne de la police anversoise, les agents sont intervenus de façon correcte. Le bourgmestre d’Anvers, Bart De Wever (N-VA), a également soutenu cette intervention. Le Comité P - composé de 5 magistrats qui surveillent les services de police dans le pays - a cependant ouvert une enquête sur l’incident.

Equipe active depuis 2 mois

L’Equipe d’intervention rapide de la police (Snelle Respons Team, SRT) a été créée il y a environ deux mois pour pouvoir intervenir rapidement en cas d’incidents graves avec des armes à feu. Sa création a été accélérée après les incidents à caractère terroriste qui se sont produits notamment à Bruxelles et Paris. La section anversoise de la SRT est opérationnelle depuis le début du mois de septembre.

Elle se compose de trois agents qui sont immédiatement mobilisables. Ils portent une arme semi-automatique, qui est plus puissante que les armes portées normalement par les policiers. Ces agents sont également équipés d’armes "less lethal", qui ne sont en principe pas létales.

Elles peuvent être utilisées pour repousser une foule importante. C’est avec ce type d’arme que la SRT est intervenue envers l’adolescente syrienne à Anvers.