"Ne pas tomber dans le piège des terroristes"

Le gouvernement fédéral a envoyé un message à l'ensemble des zones de police locale du royaume afin de relever le niveau de sécurité et de vigilance, ce qui implique notamment des "fouilles systématiques" à l'entrée d'événements publics. "Les autorités politiques et de sécurité belges restent en contact permanent avec leurs homologues françaises depuis les attentats de Paris vendredi soir" a indiqué le Premier ministre Charles Michel.

Le Premier ministre a relayé le point de vue des Affaires étrangères demandant aux Belges d'"éviter de se rendre à Paris si ce n'est pas strictement nécessaire".

En revanche, l'OCAM n'a pas jugé utile à ce stade de relever le niveau de la menace en Belgique mais la situation est analysée "minute par minute" en concertation avec le gouvernement et le comité ministériel restreint en particulier. "Nous sommes en situation d'alerte", a commenté Charles Michel à l'issue d'un kern.

Le chef du gouvernement belge a rappelé la décision, prise en concertation avec le ministre de l'Intérieur et la police fédérale, et avec les autorités françaises, de renforcer les contrôles aux frontières, sur la frontière terrestre avec la France en particulier, ainsi que dans les aéroports et les gares.

Des mesures "concrètes mais discrètes" ont également été prises afin d'accroître la protection des intérêts français sur le territoire belge.

James Arthur Photography

Au nom du gouvernement, le Premier ministre belge a lancé un appel à la population afin de ne "pas tomber dans le piège des terroristes", celui de "la panique, de l'angoisse, de la terreur, de la peur de l'autre".

Il a appelé au "rassemblement de tous les démocrates dans ces moments complexes", conscient que "cette tragédie est une nouvelle attaque contre nos valeurs fondamentales et nos libertés".

Charles Michel a indiqué qu'il aurait samedi après-midi un contact téléphonique avec le président français François Hollande au cours duquel il réitèrera le soutien du gouvernement belge au gouvernement français.

Flanqué de ses vice-premiers ministres dont le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) et le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR), ainsi que du ministre de la Justice Koen Geens (CD&V), Charles Michel a une nouvelle fois exprimé les condoléances de la Belgique aux proches et aux familles des victimes ainsi que les encouragements aux nombreux blessés victimes de ces attentats "tragiques" qu'il a qualifiés de "barbares".

Il a rappelé les décisions prises par le gouvernement fédéral belge au début de l'année à la suite de la première série d'attentats à Paris et des opérations visant des djihadistes à Verviers. Ces mesures visant à augmenter le niveau de sécurité continuent à être mises en oeuvre sur le terrain, a dit le Premier ministre.

Charles Michel avait convoqué samedi matin un conseil national de sécurité qui a été suivi d'un comité ministériel restreint au 16 rue de la Loi. Il a fait une déclaration à la presse à l'issue de ces réunions, se refusant à répondre à d'éventuelles questions de journalistes.

Il n'a ainsi pas commenté les informations faisant état d'une plaque d'immatriculation belge sur l'un des véhicules utilisés par les assaillants, soulignant qu'il n'avait pas à réagir à des renseignements de nature judiciaire.