Cinq personnes arrêtées à Molenbeek

Cinq personnes ont été arrêtées samedi lors d'une vaste opération de police dans la commune bruxelloise de Molenbeek, liée à la vague d'attentats à Paris. Une instruction a été ouverte du chef d'attentat terroriste et de participation aux activités d'un groupe terroriste.

Le parquet fédéral a été saisi par le parquet de Paris de l'exécution de quatre demandes d'entraide judiciaire internationales en relation avec les attentats commis vendredi soir.

Il s'agit de devoirs visant en particulier une voiture immatriculée et louée en Belgique qui a été retrouvée à proximité du Bataclan à Paris, cible de terroristes. Les devoirs demandés sont en cours d'exécution, précise samedi soir le parquet fédéral.

"Compte tenu du décès de deux victimes belges", une enquête spécifique a été ouverte au parquet fédéral et confiée à un juge d'instruction bruxellois anti-terroriste, explique le parquet fédéral.

Plusieurs perquisitions ont été effectuées en fin d'après-midi à Molenbeek-Saint-Jean, a-t-il été précisé lors d'une conférence de presse du parquet fédéral, qui n'a cependant pas souhaité communiquer sur l'identité, l'âge ou la nationalité de ces personnes.

Le parquet fédéral ne souhaite provisoirement pas confirmer qu'un des individus arrêtés était vendredi soir à Paris. Le Premier ministre Charles Michel a lui indiqué sur les plateaux des journaux télévisés qu'il s'agissait de suppositions et que des vérifications étaient en cours. Aucun commentaire n'a non plus été fait au sujet d'éventuels liens avec d'autres dossiers de terrorisme.

Les personnes interpellées pourraient être présentées dimanche à un juge d'instruction.

Koen Geens donne plus de détails

Selon le ministre de la Justice Koen Geens, interrogé hier soir par plusieurs chaînes de télévisions, "ces arrestations "peuvent être vues en connexion avec une voiture Polo grise louée en Belgique retrouvée devant (la salle de concert du) Bataclan" où au moins 89 personnes ont été tuées vendredi soir.

Cette voiture avait été louée en Belgique. "Celui qui a loué la voiture était connu en Belgique. On le connaissait de par son frère", a ajouté Koen Geens, précisant que ce dernier était fiché.

Pour sa part, le procureur de Paris, François Molins, a déclaré qu'un des véhicules utilisés était immatriculé en Belgique et loué par un Français, résidant en Belgique.

Ce Français "a fait l'objet d'un contrôle routier ce matin en Belgique avec deux autres personnes à bord d'un autre véhicule", a ajouté le procureur. Il a aussi précisé que ces trois personnes ont été interpellées par la police belge et "n'étaient pas connues des services de renseignement français".

A Paris, plusieurs témoignages ont fait état d'assaillants arrivés à bord d'un véhicule immatriculé en Belgique.

L'une des hypothèses, parmi d'autres, est celle d'une équipe venue de l'étranger, renforcée éventuellement de résidents français, selon une source proche du dossier.

Interrogé pour savoir s'il y avait des Belges parmi les kamikazes, Koen Geens a dit qu'il n'en savait rien à ce stade.

Molenbeek, base arrière ou sanctuaire pour les terroristes ?

Selon le tabloïde populaire belge "La Dernière Heure", trois des assaillants qui ont perpétré les attentats de Paris venaient du quartier populaire de Molenbeek.

Des tickets de parking provenant de Molenbeek auraient été retrouvés à l'intérieur de la voiture immatriculée en Belgique.

Sur une photo postée sur le site de la télévision RTBF, on peut voir un homme menotté et à qui les policiers ont placé un bandeau sur les yeux.

"Une Golf 3 ancien modèle qui roulait a été arrêtée. Les policiers ont fait sortir un homme et ils l'ont menotté dans le dos, l'ont fait agenouiller et lui ont mis un bandeau sur les yeux avant de l'embarquer", a expliqué sous couvert de l'anonymat à l'AFP un riverain habitant en face de l'endroit où la scène s'est déroulée.

"L'homme avait entre 30 et 40 ans. Il était habillé normalement avec un jean et un haut de jogging, ce n'était pas un barbu, il avait l'air normal", a ajouté le témoin.

Des policiers armés, certains encagoulés, se trouvaient sur les lieux de l'opération, a constaté une journaliste de l'AFP. Des hommes du service de déminage de la Défense étaient également présents, ont précisé les médias.

La RTBF, citant une source anonyme, a précisé que deux ou trois perquisitions avaient eu lieu dans ce quartier populaire. Elles ont pris fin en début de soirée.

Molenbeek est l'une des 19 communes de la capitale belge et accueille plusieurs communautés immigrées.

L'auteur de l'attaque en août du Thalys Amsterdam-Paris, Ayoub El Khazzani, avait séjourné chez sa sœur qui vit à Molenbeek avant de prendre le train.