L'enquête se concentre sur la Belgique et sur une fratrie

L'enquête sur les pires attentats perpétrés en France progresse rapidement et s'est concentrée dimanche sur la Belgique où deux des kamikazes avaient résidé, ainsi que sur trois frères dont l'un est recherché.

Parmi les sept auteurs recensés des attaques, les enquêteurs en ont identifié deux. Après Omar Ismaïl Mostefaï, 29 ans, né dans la banlieue parisienne, des sources proches de l'enquête ont annoncé dimanche que le corps d'un deuxième kamikaze avait été identifié. Il était Français selon une source proche de l'enquête, Belge selon une autre.

Deux Français ayant résidé à Bruxelles, dont l'un dans le quartier de Molenbeek, figurent parmi les auteurs des attentats de vendredi soir, a annoncé dimanche le parquet fédéral belge.

Deux voitures - une Polo et une Seat noires - utilisées par les assaillants et retrouvées à Paris ou la proche banlieue après les attentats avaient en outre été louées en début de semaine en Belgigue, a-t-il précisé.

La Seat, aperçue par des témoins sur les lieux des fusillades contre des bars et restaurants dans l'est parisien, était chargée de plusieurs fusils d'assaut kalachnikov. Elle a été retrouvée à Montreuil, dans la banlieue est de Paris.

La Polo avait été auparavant découverte à proximité de la salle de spectacles du Bataclan, théâtre du plus gros bain de sang avec 89 morts, où trois kamikazes sont morts en activant leur ceinture d'explosifs.

Au total, trois équipes de jihadistes sont soupçonnées d'avoir semé la mort vendredi - 129 tués et plus de 350 blessés - entre le Bataclan, des quartiers de l'Est parisien et le Stade de France.
Les enquêteurs cherchent à établir si certains assaillants ont pu s'échapper et s'il figurent parmi les suspects arrêtés en Belgique.

Trois frères

Au total, sept personnes ont été interpellées en Belgique depuis samedi. L'une d'elles avait loué un des deux véhicules et a été repérée lors d'un contrôle samedi matin à Cambrai (nord de la France), près de la frontière belge.

Comme les deux Français kamikazes, d'autres personnes interpellées résidaient à Molenbeek, une commune bruxelloise où un réseau aurait donc été constitué pour préparer les attentats.
Trois frères retiennent particulièrement l'attention des enquêteurs, dont l'un est mort dans les attentats. Un autre, placé en garde à vue en Belgique, a été libéré, selon une source policière française, une information toutefois démentie par le parquet belge.

La Belgique a émis un mandat d'arrêt international contre le troisième frère.

Les auteurs de plusieurs attentats jihadistes, dont le responsable présumé de la tuerie au Musée juif de Bruxelles en 2014, Mehdi Nemmouche, ont séjourné à Molenbeek, quartier populaire à forte population immigrée.

Les attaques de Paris, coordonnées, ont été revendiquées par le groupe Etat islamique, cible des chasseurs-bombardiers français depuis un an en Irak et depuis septembre en Syrie.

En France, les enquêteurs entendent aussi depuis samedi sept personnes, membres de la famille de Omar Ismaïl Mostefaï, le premier assaillant identifié. Le père ainsi qu'un frère et la femme de ce dernier sont notamment en garde à vue.

Le kamikaze, dont le corps déchiqueté a été retrouvé au Bataclan, était fiché depuis 2010 pour radicalisation islamiste mais n'avait pas de lien connu avec les filières jihadistes, selon la justice française.
Selon une source proche de l'enquête, Mostefaï fréquentait assidûment la mosquée de Lucé, près de Chartres (centre), et a probablement séjourné en Syrie en 2014.