Le niveau de la menace passe de 2 à 3 en Belgique

Samedi soir, le gouvernement belge a décidé de porter le degré d'alerte de 2 à 3, le niveau maximum, pour les événements réunissant des foules importantes, tels que les rencontres sportives ou les manifestations officielles. L'armée pourrait être appelée à intervenir en cas de nécessité pour renforcer la sécurité.
Nicolas Maeterlinck

Le conseil national de sécurité a pris connaissance de la nouvelle évaluation de l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM) relevant celle-ci de 2 à 3 pour l'organisation de grands événements sportifs ou culturels accueillant potentiellement un grand nombre de personnes, a indiqué samedi soir le Premier ministre Charles Michel à l'agence BELGA à l'issue de la réunion.

Cette décision signifie que l'armée pourra être déployée pour de tels événements, a précisé le chef du gouvernement.
 

Appel à ne pas se rendre à Paris

"En vertu de la décision, l'analyse des événements s'effectuera au cas par cas en ce qui concerne le relèvement du niveau de sécurité, des contrôles et l'envoi de patrouilles supplémentaires", a commenté Charles Michel.

Le conseil national de sécurité s'est réuni samedi soir pour la deuxième fois ce week-end depuis les attentats qui ont visé Paris vendredi soir. L'enquête sur ces attentats a entre-temps été élargie à la Belgique qui déplore également trois victimes dans les crimes commis dans la capitale française. Il s'agit d'un couple de Liégeois et d'un homme qui avait la double nationalité française et belge. 

La réunion a été l'occasion de confirmer les quatre décisions déjà validées samedi matin en comité ministériel restreint, à savoir le renforcement du contrôle aux frontières (frontière française, aéroports, gares), l'appel aux citoyens belges à ne pas se rendre à Paris si ce n'est pas strictement nécessaire, le relèvement du niveau de vigilance et de sécurité lors de l'organisation d'événements locaux, et la protection des intérêts français en Belgique.

Renforcement de la lutte contre les djihadistes

Le gouvernement annoncera la semaine prochaine, à l'initiative du ministre de l'Intérieur Jan Jambon des mesures complémentaires dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, sachant que 12 chantiers ont été progressivement mis en œuvre depuis les événements de Paris et Verviers au début de l'année. Parmi ces 12 chantiers figure d'ailleurs la création du conseil national de sécurité, a rappelé le Premier ministre. Il s'agirait essentiellement d'annoncer la semaine prochaine l'accélération des mesures de renforcement de la lutte contre les combattants étrangers (foreign fighters) et d'enregistrement des données de transport (PNR).

Des contacts permanents auront encore lieu demain dimanche avec les services de sécurité et de nouvelles réunions pourront être organisées.

"Nous restons en situation d'alerte, heure par heure, avec les différents services de sécurité qui font état de l'avancement de leurs analyses", a répété le Premier ministre.

Les autorités avaient dès samedi matin renforcé les contrôles aux frontières terrestres, ainsi que dans les gares et aéroports, appelé les ressortissants belges à ne pas se rendre à Paris ce week-end, relevé le niveau de vigilance et de sécurité lors de l'organisation d'événements locaux et accru la protection des intérêts français en Belgique.