La Belgique maillon faible dans la lutte contre le terrorisme ?

Au lendemain des attentats qui ont secoué Paris, alors que l’on apprend que plusieurs auteurs présumés des atrocités perpétrées vendredi soir ont vécu à Bruxelles (plus précisément Molenbeek), la presse étrangère se montre très critique envers la Belgique. Elle qualifie notre pays de plaque tournante du djihadisme mondial et de maillon faible dans la lutte contre le terrorisme.

"Le point faible du terrorisme européen" écrivait Politico Europe ce dimanche, tandis que Le Figaro qualifiait la commune bruxelloise de Molenbeek de "plaque tournante" de réseaux djihadistes. Ou le "point chaud du terrorisme", estimait The Guardian.

La presse étrangère ne se montre pas tendre ces derniers jours envers la Belgique en général et la commune de Molenbeek en particulier. Notre pays semble acquérir une mauvaise réputation quand il s’agit de lutte contre le terrorisme. Ce qui n’est pas étonnant quand on sait que plusieurs auteurs présumés des attentats parisiens ont vécu à Bruxelles.

Et proportionnellement à sa population, notre pays est encore toujours celui qui en Europe livre le plus de combattants pour la Syrie. Environ 40 combattants par million d’habitants, contre 18 combattants par million d’habitants en France, 14,5 aux Pays-Bas et 7,5 en Allemagne.

Le Figaro qualifiait dimanche Molenbeek de "guetto de la misère", rappelant que "pour la quatrième fois en 18 mois, la piste d’un attentat - réussi ou déjoué - mène vers cette commune, située à 6 kilomètres du monumental quartier général de l’Europe". Et de rappeler que l’auteur présumé de l’attentat au Musée juif de Belgique, en mai 2014, Mehdi Nemmouche (photo), est passé par Molenbeek, tout comme le cerveau présumé des attaques déjouées à Verviers, mais aussi comme l’homme qui a tenté de commettre un attentat dans un Thalys en France.

Même en Belgique, certains politiques partagent cet avis. Ainsi, le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), déclarait-il la semaine dernière, avant les attentats, que notre pays est le "weakest link", le maillon faible, dans la lutte internationale contre le terrorisme.

"Plaque tournante du terrorisme depuis longtemps"

Ce lundi, l’ancien patron du Renseignement français Bernard Squarcini déclarait également, sur la chaîne française d'information LCI, que la Belgique constituait une plaque tournante en matière de terrorisme depuis de nombreuses années. C'était déjà le cas en 1995, selon lui, lors des attentats du GIA en France.

"C'est devenu un hub", a-t-il dit à l'égard de la Belgique. Et la plupart des réseaux (terroristes) démantelés (en France) marquent l'empreinte belge, soutient-il.

A la question de savoir pourquoi avoir attendu les attentats de vendredi à Paris pour intensifier la collaboration entre la France et la Belgique en matière de terrorisme, l'ancien directeur de la direction générale du Renseignement intérieur répond que la Belgique n'est pas au même niveau institutionnel que la France et est en proie à chercher un gouvernement stable.

Il a salué en revanche le travail mené par le service de renseignement belge et la police belge. Il a ajouté que la police belge avait "marqué très vite des points" après les attentats de Paris en localisant la voiture qui avait franchi la frontière franco-belge et "en récupérant les intéressés".