Nouvelles opérations de police à Molenbeek

Une centaine de policiers ont mené de nouvelles perquisitions, ce lundi matin et midi, dans la commune bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean, d’où sont originaires plusieurs suspects des attentats de Paris. La police a procédé à une arrestation administrative, mais n'a pas pu interpeller Salah Abdeslam, suspect clé visé par un mandat d'arrêt international. Parallèlement, la justice belge tente de vérifier s’il y a un lien entre les attaques déjouées à Verviers en janvier dernier et les attentats de vendredi soir à Paris. Les services de sécurité soupçonnent en effet qu’Abdelhamid Abaaoud, considéré comme le cerveau des attaques avortées de Verviers, pourrait être le commanditaire des attentats de Paris.

La police a lancé une nouvelle opération massive, ce lundi matin, dans la commune bruxelloise de Molenbeek près du canal, d'où sont originaires plusieurs suspects des attentats de Paris. Des policiers des unités spéciales, en gilets pare-balles et les visages masqués par des cagoules, ont été déployés aux abords d'un bâtiment faisant l'angle de deux rues de Molenbeek, dans une zone résidentielle.

La police a adressait des messages publics à l'aide d'un mégaphone. Un important périmètre de sécurité a été mis en place, empêchant les journalistes et les habitants de s'approcher des lieux, où des pompiers, mais aussi des équipes de déminage, ont été dépêchés. Le parquet fédéral belge s'est refusé à tout commentaire.

Peu après 14h, l'action policière prenait fin à Molenbeek (photo). Une information confirmée par la bourgmestre Françoise Schepmans. La police a procédé à une arrestation administrative, a indiqué le parquet fédéral.

Ce dernier avait confirmé que l'action était menée pour interpeller Salah Abdeslam (26 ans), le suspect clé visé par un mandat d'arrêt international et activement recherché depuis les attentats de vendredi. Mais ce dernier n'aurait pas été retrouvé dans la maison de Molenbeek encerclée par les forces de l'ordre.

James Arthur Photography

Plusieurs perquisitions et arrestations ont déjà été effectuées depuis samedi dans ce quartier populaire à forte population immigrée. La justice belge a prolongé la garde à vue de sept suspects interpellés samedi jusqu'à lundi soir, a précisé le parquet.

Mais ce lundi après-midi, on apprenait que 5 des 7 suspects avaient été libérés. Deux individus ont par contre été placés sous mandat d'arrêt du chef d'attentat terroriste et participation aux activités d'un groupe terroriste, annonçait le parquet fédéral vers 15h30. 

La Belgique semble avoir servi de base arrière pour certains des auteurs des attentats qui ont coûté la vie à 129 personnes à Paris vendredi soir. Au moins cinq des suspects entendus par la police ont été interpellés à Molenbeek, selon la bourgmestre Françoise Schepmans. Parmi eux figure notamment Mohamed Adeslam, le frère de l'un des kamikazes qui s'est fait exploser Boulevard Voltaire à Paris, Brahim Abdeslam.

Leur frère Salah Abdeslam (photo), né à Bruxelles, est donc visé par un mandat d'arrêt international et activement recherché. Les frères Abdeslam auraient notamment loué en début de semaine dernière deux voitures utilisées par les assaillants, et retrouvées par la police française près de la salle de concert du Bataclan, où au moins 89 personnes sont mortes, et en proche banlieue.

Véhicule suspect

Une autre intervention a été effectuée dans le quartier européen à Bruxelles, non loin de la rue de la Loi. Une voiture suspecte a été contrôlée et plusieurs rues fermées un moment à la circulation.

Les forces de l'ordre invitent les habitants du quartier à ne pas sortir de chez eux. Selon un témoin, la voiture aurait des plaques d'immatriculation françaises.

Le service de déminage de l'armée s'est rendu sur place.
 

De Verviers à Paris ?

La justice belge tente également d’établir s’il existe un lien avéré entre les attaques déjouées en janvier dernier à Verviers (province de Liège) et les attentats de Paris. Les services de sécurité belges soupçonnent en effet qu'Abdelhamid Abaaoud (photo) se trouve derrière les attentats de Paris, indiquent ce lundi les journaux De Standaard et Het Nieuwsblad. Abaaoud est également considéré comme le cerveau des attaques avortées de Verviers.

Trois des sept terroristes qui sont morts dans les attaques de vendredi ont été identifiés. Tous trois sont Français et deux d'entre eux habitaient à Molenbeek-Saint-Jean et Bruxelles. L'un de ces deux hommes, Bilal Hadfi, a quitté l'an dernier Bruxelles pour la Syrie et est mort en se faisant exploser à proximité du Stade de France vendredi soir. Le second est Brahim Abdeslam. Il habitait Molenbeek depuis plusieurs années et est décédé dans l'explosion de sa ceinture d'explosifs au café du boulevard Voltaire.

Abdeslam et sans doute aussi Hadfi seraient, selon le Standaard et les journaux du groupe Sudpresse, des amis d'Abaaoud. Abdeslam et Abaaoud auraient commis ensemble certains faits criminels en 2010 et 2011 à Bruxelles.

Abaaoud s'est échappé en janvier vers la Syrie, après que deux candidats terroristes recrutés par ses soins aient été abattus par la police alors qu'ils projetaient des attaques depuis leur cache à Verviers. Les services de sécurité le soupçonnent donc maintenant d'avoir organisé les attentats de Paris, après l'échec de ses projets à Verviers. L'homme est lui-même toujours en fuite.