Reynders plaide pour un plan global contre la radicalisation

D’après le ministre des Affaires Etrangères, le vrai débat doit porter à nouveau sur une meilleure intégration dans la société. Mais dans la lutte contre la radicalisation, toutes les autorités, les communautés et tous les services doivent être impliqués dans un "plan global", déclarait Didier Reynders (photo) ce lundi dans l’émission "De Ochtend" à la VRT (Radio 1).

Didier Reynders soutient le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) qui a manifesté son intention de "nettoyer" Molenbeek, "à condition que ça se fasse avec tous les acteurs". Agir dans la commune, "ce sera à la fois éradiquer les foyers de radicalisme, mais aussi faire en sorte qu'on puisse développer l'éducation, l'accès au marché du travail et donc l'intégration", a insisté le ministre libéral sur les ondes de la RTBF, comme sur celles de la VRT ce lundi matin.

Selon le ministre des Affaires Etrangères, le vrai débat se situe au niveau de la réflexion sur une meilleure intégration, l'objectif étant de pouvoir "vivre ensemble dans de bonnes conditions" et sans "fermer les yeux." Reynders invite donc toutes les communautés du pays, dont celles présentes à Molenbeek, à faire en sorte que "les gens puissent vivre ensemble, c'est-à-dire partager les mêmes valeurs mais être aussi déterminés les uns et les autres à éradiquer les foyers de radicalisme."

"Si on n'accepte pas ce débat-là, on passe à côté d'une réalité", a conclu le ministre libéral, qui se réjouit d'une prise de conscience à ce sujet, notamment dans le chef des bourgmestres, tant à Molenbeek qu'à Bruxelles.

"Logique de guerre face à des terroristes"

Commentant les attentats à Paris, le ministre parle aussi "d'actes de guerre", mais observe qu'on n'est pas "dans une logique de guerre contre des Etats qui nous agressent, mais face à des groupes terroristes."

Le chef de la diplomatie belge devait rencontrer à Bruxelles ce lundi ses homologues européens, pour discuter notamment de la situation en Syrie et en Irak. Il remarque que la réaction passe à un niveau supérieur, avec une coordination des frappes aériennes, et "en essayant d'avoir des troupes au sol", soit des forces présentes dans la région.

Le ministre insiste pour "chercher des solutions afin de stabiliser la situation en Syrie, avoir une transition et, un jour, un nouveau gouvernement sans Bachar al-Assad". Il n'y aura pas selon lui de "solution exclusivement militaire, mais essentiellement politique."

"Que l'on aime ou pas l'évolution de la situation en Iran, en Turquie, en Arabie Saoudite, il faut que ces pays soient autour de la table", a insisté Didier Reynders, saluant le fait que ce fut le cas pour la première fois avec les partenaires russes, américains et européens, samedi à Vienne.