Les frères Abdeslam avaient été interrogés en Belgique

Le parquet fédéral a indiqué ce mercredi que la police belge avait interrogé avant les attentats du 13 novembre les frères Brahim et Salah Abdeslam. Mais ils ne "montraient pas de signe d’une possible menace". Le premier s’est fait exploser vendredi, tandis que le second est toujours très activement recherché.

Brahim Abdeslam (31 ans), qui comme ses frères Mohamed et Salah résidait dans la commune bruxelloise de Molenbeek, s'est fait exploser devant un bar dans l'Est parisien vendredi soir. Il "a essayé d'aller en Syrie, mais il n'a réussi à aller qu'en Turquie", a expliqué le porte-parole du parquet Eric Van Der Sypt, confirmant des propos du site d’information Politico. "Il a été interrogé à son retour, et son frère aussi", a ajouté Van Der Sypt, en parlant de Salah Adbeslam (26 ans), soupçonné d'avoir également participé aux attentats et encore toujours activement recherché par la police ce mercredi.

Les interrogatoires des deux frères sont intervenus début 2015, après le retour de Turquie de Brahim, alors soupçonné de vouloir rejoindre la Syrie, a précisé à Belga mercredi le parquet fédéral. Brahim n'a pas été poursuivi car "nous n'avions pas de preuve qu'il participait aux activités d'un groupe terroriste", a aussi expliqué le porte-parole du parquet.

"Nous savions qu'ils étaient radicalisés et qu'ils pourraient se rendre en Syrie (mais) ils ne montraient pas de signe d'une possible menace. Même si nous les avions signalés à la France, je doute qu'on aurait pu les arrêter", a poursuivi le magistrat, confirmant au passage que les deux frères n'avaient pas été signalés aux services de renseignement français.

Salah Abdeslam (photo), connu pour des vols et du trafic de drogue, est cité dans une affaire de braquage avec un djihadiste belge notoire, Abdelhamid Abaaoud, soupçonné d'être l'un des commanditaires des attentats de Paris. Le raid à Saint-Denis survenu tôt ce mercredi matin, dans lequel sept suspects ont été interpellés et deux personnes tuées, visait justement à mettre la main sur Abdelhamid Abaaoud.

La police néerlandaise a annoncé mercredi que Salah Abdeslam avait été arrêté en février aux Pays-Bas lors d'un contrôle routier de routine, pour possession de cannabis. Il apparaît aussi dans les archives d'un contrôle routier en septembre dans l'ouest de l'Autriche, alors qu'il venait de franchir la frontière depuis l'Allemagne.

Le parquet fédéral n'a par contre pas fait de commentaires sur l'assaut policier survenu mercredi matin à Saint-Denis.