Un rapport américain avait mis en garde en mai déjà

Un rapport des services de renseignements américains datant de mai 2015 mettait déjà en garde contre une attaque structurée en Europe des djihadistes du groupe Etat Islamique (EI), en établissant des liens entre la Syrie, la Grèce et la Belgique. Il faisait explicitement référence au Belge Abdelhamid Abaaoud, aujourd’hui soupçonné d’être le conspirateur des attentats à Paris.

Le rapport américain tirait des leçons du démantèlement en janvier d’une cellule terroriste à Verviers (province de Liège). Les attentats qui ont endeuillé Paris vendredi font tristement raisonner les principaux points de ce rapport, non classé secret-défense, rédigé par le bureau de renseignement et d'analyse du ministère américain de la Sécurité intérieure, en coopération avec le FBI et le Centre national de l'antiterrorisme.

Ce rapport évoque explicitement Abdelhamid Abaaoud, présenté maintenant comme le possible inspirateur des attentats de Paris. Il soulève l'hypothèse que le djihadiste belge ait tenté de faire croire qu'il avait trouvé la mort fin 2014 en combattant en Syrie, afin que les autorités belges relâchent leurs efforts pour le traquer.

Une vaste opération antiterroriste avait été menée le 15 janvier par la police belge dans plusieurs villes du pays, en particulier à Verviers (photo), une semaine après l’attaque sanglante à la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à Paris. Cette opération s'était soldée par la mort de deux djihadistes présumés au sein d'un groupe dont certains membres revenaient de Syrie et planifiaient des attentats imminents, selon les autorités.

Or ces attaques avortées en Belgique ont montré, selon l'analyse des renseignements américains, que le groupe djihadiste avait élevé d'un cran important sa capacité opérationnelle. Le cerveau présumé de ces projets d'attentats en Belgique était Abdelhamid Abaaoud, pilotant les opérations depuis Athènes grâce à son téléphone portable, rappelle le rapport. Cette information ayant été donnée par un responsable antiterroriste belge cité dans des médias européens.

Syrie, Grèce et Belgique

Les djihadistes du groupe EI ont désormais la capacité de lancer des attaques plus élaborées en Occident, en utilisant des armes et des engins explosifs, sans avertissement, mettait en garde le rapport. Le théâtre le plus probable de ces attaques sera l'Europe, précisait-il.

Dans un schéma publié dans le rapport, des flèches relient Syrie, Grèce et Belgique, la route empruntée par des djihadistes visés par l'opération antiterroriste de janvier.

Enfin, autre élément intéressant au regard des événements de vendredi à Paris, les renseignements américains concluaient que les auteurs les plus probables de futures attaques structurées en Occident seraient des "combattants étrangers de retour de zones de conflit, qui ont les moyens de mobiliser des extrémistes violents dans leur propre pays".