"Risque d'attentats tels que ceux de Paris"

Le Premier ministre Charles Michel a évoqué lors d'une conférence de presse, un "risque d'attentat par des individus avec armes et explosifs à plusieurs endroits de la capitale". Les cibles potentielles sont les lieux commerçants, les transports publics et les grands évènements. Le chef du gouvernement a annoncé l'entrée en vigueur de mesures immédiatement opérationnelles en quatre axes pour répondre au niveau maximal de menace.

La Belgique a relevé son niveau d'alerte terroriste pour la ville de Bruxelles au maximum. "Cela résulte d'informations relativement précises d'un risque d'attentat tel que déroulé à Paris" a déclaré le Premier ministre, "la menace portant sur une hypothèse d'un ou plusieurs individus avec des armes et explosifs à même de frapper à plusieurs endroits en même temps", a-t-il précisé lors d'une conférence de presse.

Les cibles potentielles, selon les informations dont les autorités disposent, sont les centres commerciaux, les rues commerçantes, les transports publics, et les évènements rassemblant beaucoup de monde, a indiqué Charles Michel.

Outre la région bruxelloise, le passage au niveau 4 concerne également l'aéroport de Bruxelles ainsi que Vilvorde, commune du Brabant flamand dont sont issus plusieurs jeunes qui se sont radicalisés. Le niveau d’alerte terroriste reste au niveau 3 ailleurs dans le pays.

Charles Michel a réuni samedi matin le Conseil national de sécurité. "Nous avons suffisamment d'éléments pour estimer que la menace est précise et imminente", a affirmé à son arrivée le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders. Etaient également présents les ministres chargés de de l'Intérieur, Jan Jambon, de la Justice, Koen Geens, et de l'Economie, Kris Peeters.

Des mesures opérationnelles immédiates

Le nombre de grands évènements sera diminué, "pour des raisons de sécurité et de capacité", a indiqué le Premier ministre, "car cela permet de libérer des capacités qui peuvent être mobilisées pour sécuriser tout le territoire". Les organisateurs d'évènements peuvent se mettre en contact avec le centre crise pour recevoir des informations complémentaires.

Les transports publics feront l'objet d'une vigilance accrue, principalement dans le métro. La circulation de ce dernier à Bruxelles reste stoppée jusque dimanche après-midi au moins.

La capacité de déploiement de la police et de l'armée est renforcée sur tout le territoire, mais surtout à Bruxelles.

Enfin, une ligne téléphonique - 1771 - est ouverte pour permettre de s'adresser au centre de crise, recevoir des informations et des conseils. Pour ne pas surcharger cette ligne, il est recommandé de consulter en priorité le site internet www.centredecrise.be.

Les mesures annoncées peuvent "à tout moment être modifiées", a précisé le Premier ministre. Le Conseil national de sécurité se réunira à nouveau dimanche dans l'après-midi. Une nouvelle évaluation de la menace par l'OCAM sera formulée à ce moment-là également.

Appel à la vigilance

Le Premier ministre a indiqué que les enquêtes en France et en Belgique sur les attentats de Paris se poursuivaient et qu'il n'était "pas question de faire le moindre commentaire pour des raisons de sécurité évidente".

"Nous recommandons à la population de respecter l'ensemble des consignes de sécurité et de se tenir informée en utilisant les voies de communication officielles", a déclaré le Premier ministre.

Le gouvernement belge appelle la population à faire preuve de prudence et de vigilance, mais aussi de ne pas glisser dans la panique, a insisté Charles Michel.