Geens : "Pas au courant qu’Abdeslam serait à l’étranger"

Alors que le niveau de la menace a été ramené de 4 à 3 en Région bruxelloise jeudi soir, que toutes les stations de métro sont rouvertes depuis 6h ce vendredi, le gouvernement fédéral se tait sur les raisons concrètes de l’abaissement du niveau d’alerte. Le principal suspect des attentats de Paris, Salah Abdeslam, serait en chemin vers la Syrie ? Le ministre de la Justice Koen Geens (photo principale) a affirmé n’avoir aucune information à ce sujet, lors d’une interview matinale dans l’émission "De Ochtend" de la VRT.

Le ministre fédéral de la Justice, Koen Geens (CD&V), n’a pas donné davantage de précisions ce vendredi matin - tant dans l’émission « La Première » de la RTBF que l’émission "De Ochtend" à la VRT - sur les raisons concrètes de l’abaissement du niveau de la menace en Région bruxelloise, jeudi soir. "Nous ne communiquons pas à ce sujet", déclarait-il.

Koen Geens précisait que cette évaluation "n'est pas une mathématique, ce n'est pas une science, mais (le résultat d')un raisonnement très construit. L’Organe de coordination pour l’analyse de la menace évalue la situation à intervalles réguliers sur base des renseignements de sept différents services de sécurité concernés. La menace imminente semble passée, mais il faut néanmoins conserver une vigilance accrue. Il ne faut pas penser que la menace a disparu. Elle reste devant nous mais n’est plus imminente pour l’instant".

Koen Geens se refuse en revanche à confirmer les propos du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, selon qui une dizaine de personnes seraient toujours recherchées, ou les allégations selon lesquelles un attentat aurait été déjoué le week-end dernier à Bruxelles.

Et si le procureur fédéral belge ne s'est finalement pas exprimé publiquement jeudi comme il s'y était engagé dans un premier temps, à l'inverse de la communication du procureur de la République de Paris, c'est que ce dernier parle d'événements passés, tandis que le magistrat belge devrait pour sa part évoquer de potentiels événements à venir, selon Koen Geens.

Le ministre est prêt à reconnaître çà et là une petite erreur de communication, "parfaitement excusable" à ses yeux dans le contexte actuel, alors que les services assurent "en général un grand travail professionnel". Il demande d'accepter une forme de fatalité dans le fait que les services n'ont pu déjouer les attentats sur base de leurs informations, dont une isolée parmi les milliers disponibles n'aurait pu suffire à ses yeux. Il rappelle en revanche le succès de l'opération anti-terroriste de janvier dernier à Verviers.

Quant au principal fugitif Salah Abdeslam (photo), qui serait en chemin vers la Syrie d’après le quotidien Het Laatste Nieuws, le ministre de la Justice Geens affirmait sur Radio 1 (VRT) n'être "absolument pas au courant" de cette possibilité.

"Encourager la critique sur la communication, pour faire mieux"

La manière dont le gouvernement fédéral a communiqué pendant plus d’une semaine au sujet du niveau de la menace et des mesures de sécurité qui y étaient liées a soulevé de nombreuses critiques, jusque dans l’opposition au Parlement. "C’est avant tout un encouragement pour faire mieux", estimait Koen Geens.

"C’est normal que le gouvernement ait voulu communiquer plus clairement au moment où nous sommes passés au niveau 4 de menace, parce qu’on entre dans un état d’alerte extrême. Cela explique pourquoi nous avons été plus clairs à ce moment-là que maintenant".

Mais au niveau international aussi, des critiques sont exprimées à propos de la communication et de la politique du gouvernement belge. "Il est normal que l’on cherche des responsables dans un tel moment. La Belgique ferait la même chose en des circonstances comparables. Mais je ne pense vraiment pas que nous soyons en faute. Nous pouvons seulement essayer de rester calmes et de bien communiquer. Nous devons surtout rester alertes. Pour ne pas perdre inutilement de l’énergie".

Le ministre de la Justice a également précisé que son gouvernement avait déjà commencé à mettre en œuvre des mesures que les ministres ont annoncées au lendemain des attentats de Paris.