Moyens fédéraux pour 10 communes contre le radicalisme

Le Conseil des ministres a approuvé un projet d’arrêté royal relatif à la mise en œuvre d’une politique d’impulsion unique pour la création de projets pilotes visant à maîtriser la radicalisation violente et lutter contre le radicalisme dans 10 communes. Elles bénéficieront d’un montant total d’un million d’euros.

Le soutien financier complémentaire visé par cette politique d'impulsion unique a pour objectif de renforcer l'expertise actuelle, en mettant les connaissances existantes à la disposition d'autres entités qui sont confrontées à la même problématique de radicalisation. Le but est aussi d’atteindre une coordination au niveau supra-local, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA).

Dix communes belges sont concernées par cette mesure, et un montant total d’un million d’euros sera débloqué à cet effet.

Dans le détail, 150.000 euros iront à la ville d'Anvers et autant à la commune bruxelloise de Molenbeek, qui a défrayé la chronique ces derniers jours alors que plusieurs des terroristes présumés des attentats de Paris en sont originaires ou y ont résidé.

Quelque 125.000 euros iront à Vilvorde (photo), ville du Brabant flamand d'où sont partis de nombreux combattants pour la Syrie. Quelque 100.000 euros seront destinés à Verviers, également épinglée ces derniers pour la mise au jour sur son territoire du phénomène du radicalisme - un attentat y a été déjoué en janvier dernier.

Egalement 100.000 euros iront à Malines et autant à la ville de Bruxelles, 75.000 euros à Maaseik (Limbourg), 75.000 euros à Anderlecht et 50.000 euros à Liège.

Le 23 octobre dernier, des décisions similaires avaient été prises pour Genk (100.000 euros), la commune bruxelloise de Saint-Gilles (100.000 euros), Charleroi (100.000 euros), Courtrai (75.000 euros) et Menin (50.000 euros).

Molenbeek épaulée pour contrôler les adresses

Le gouvernement fédéral enverra des fonctionnaires du ministère de l'Intérieur à Molenbeek pour aider la commune bruxelloise à contrôler les adresses, a annoncé ce samedi le ministre de l'Intérieur Jan Jambon, en marge d'un colloque de la N-VA au Parlement flamand.

Le nombre d'agents envoyés et la date du début de leur intervention doivent encore être fixés avec la bourgmestre de Molenbeek, Françoise Schepmans (MR), a précisé le cabinet du vice-Premier ministre N-VA.

Il s'agit d'un "élément urgent d'un plan global", a précisé Jan Jambon, pour cette commune qui a abrité plusieurs auteurs ou suspects des attentats du vendredi 13 novembre à Paris. Deux jours après ces attentats, le gouvernement fédéral avait annoncé l'élaboration prochaine d'un plan d'approche visant notamment Molenbeek.

Quelques jours plus tard, le ministre Jambon annonçait sa volonté de faire contrôler chaque adresse de la commune, ajoutant vouloir "faire le ménage". Il évoquait aussi la nécessité de prendre des mesures en matière d'éducation, d'aménagement du territoire et d'égalité des chances, afin de "donner un avenir aux jeunes de 15 et 16 ans".