Saint-Josse interdit la prostitution de nuit et le dimanche

La commune bruxelloise de Saint-Josse-ten-Noode a adopté lundi soir des modifications réglementaires visant notamment à interdire, dès mars 2016, l’exploitation de salons de prostitution en vitrine et de carrées entre 23h et 7h, ainsi que le dimanche. La commune veut ainsi garantir la tranquillité et la sécurité publique, surtout dans les quatre rues principalement concernées.

Par le nouveau règlement de police, la majorité communale emmenée par le bourgmestre Emir Kir (PS) entend aussi s'attaquer à diverses formes d'esclavage sexuel et de traite des êtres humains, de trafics de drogue et/ou d'armes, de blanchiment d'argent, notamment.

Les prostituées qui exploitent les carrées devront toujours obtenir un certificat de conformité qu'elles ne pourront céder à d'autres. Ce document qui requiert le respect de critères urbanistiques et légaux (casier judiciaire vierge et permis de travail) est exigible depuis 2011. Pour la location des salons de prostitution en vitrine, l'exploitant devra conclure un contrat directement avec la personne qui se prostitue. La location d'une chambre à plusieurs personnes prostituées sera interdite.

L'exploitant devra interdire toute activité de prostitution par des personnes en situation irrégulière ou ne disposant pas d'un permis de travail. L'arsenal de sanctions prévoit notamment la suspension, voire le retrait du certificat de conformité.

Schaerbeek proteste

La commune voisine de Schaerbeek déplore l'initiative unilatérale prise par Saint-Josse, sans concertation. "Pour nous, il vaudrait beaucoup mieux s'entendre pour que les mesures d'une commune n'engendre pas d'effet négatif sur l'autre", a déploré le chef de cabinet du bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt.

Pour celui-ci, le règlement de Saint-Josse risque de mettre certaines prostituées en difficulté, sans vraiment résoudre les autres problèmes du quartier, comme la sur-occupation de certains immeubles par une population souvent très précarisée. La mesure pourrait aussi favoriser le développement de phénomènes tels que le racolage dans les débits de boisson, a encore estimé le directeur de cabinet de Bernard Clerfayt.