Conférence internationale sur l’Afghanistan à Bruxelles

La Belgique accueillera les 3 et 4 octobre 2016 une conférence de donateurs en faveur de l’Afghanistan, qui fera suite à celles organisées en 2010 à Londres et 2012 à Tokyo. C’est ce qu’a annoncé le ministre belge des Affaires Etrangères, Didier Reynders (MR), en marge d’une réunion avec ses homologues alliés au siège bruxellois de l’Otan. Reynders a réclamé au gouvernement de Kaboul la tenue des promesses en matière de gouvernance.

l'Afghanistan, toujours en proie à l'insurrection des talibans, quatorze ans après leur éjection du pouvoir par une offensive militaire américaine dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, et la communauté internationale, a précisé Didier Reynders.

Elle s'inscrira dans le prolongement des conférences des donateurs tenues en janvier 2010 à Londres et en juillet 2012 à Tokyo, qui avaient lié l'aide financière internationale à l'Afghanistan à différentes conditions. Une autre conférence sur l'Afghanistan s'est tenue en décembre dernier à Londres, lors de laquelle le président récemment élu Ashraf Ghani et le chef de l'exécutif afghan Abdullah Abdullah étaient venus exposer leur vision de l'avenir économique, social et politique de l'Afghanistan.

Le pays, dont le budget dépend pour deux tiers de l'aide étrangère, s'est engagé en 2012 à Tokyo à mettre en application une série de réformes en matière de gouvernance, de sécurité, de développement économique et social et de coopération régionale, en échange de l'engagement de la communauté internationale à poursuivre son aide après le retrait de l'essentiel des troupes de l'Otan.

L'Alliance atlantique a mis fin en décembre dernier à sa mission de combat, menée au travers de la force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), mais maintient quelque 12.000 hommes chargés de la formation des forces de sécurité afghanes dans le cadre de sa mission "Resolute Support », prolongée au moins jusque fin 2016.

Le ministre Reynders, qui devait rencontrer mardi en fin d'après-midi son homologue afghan, Salahuddin Rabbani, a expliqué qu'il entendait évoquer avec lui les "résultats concrets" enregistrés par l'Afghanistan dans une série de domaines, comme la lutte contre la corruption, le renforcement de l'état de droit et l'égalité entre les hommes et les femmes, tout comme les droits de l'enfant, souvent bafoués dans un pays en conflit.

Aide belge annuelle pour l’Afghanistan

La Belgique s'est engagée, lors du sommet de l'Otan de Chicago (Etats-Unis), en mai 2012, à verser 15 millions de dollars (environ douze millions d'euros) par an jusqu'en 2016 à un fonds fiduciaire pour la sécurité en Afghanistan. "Pour la suite, ce que la Belgique demande, c'est de pouvoir travailler avec plus de souplesse" et affecter, si l'effort doit être poursuivi, les crédits davantage à des projets liés à la coopération au développement, éventuellement par le biais d'ONG, a indiqué le ministre Reynders.

Il a aussi expliqué qu'il aborderait avec M. Rabbani la question des demandeurs d'asile afghans en Belgique, dans la foulée de la campagne de dissuasion lancée par le Secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA). Celui-ci souhaite faire passer - en trois langues (anglais, dari et pachtoune) - le message que les Afghans ont peu de chances d'obtenir l'asile en Belgique.

"Nous allons revenir sur le volet réadmission (des demandeurs d'asile déboutés), mais aussi sur la prévention", face aux risques de la migration vers l'Europe, a précisé le chef de la diplomatie.