Un millier d'emplois supprimés d'ici 2018 chez BNP Paribas Fortis

BNP Paribas Fortis a annoncé la suppression de 1.050 postes lors de la présentation de son plan stratégique Vision 2020 au conseil d'entreprise la semaine passée, rapporte L'Echo jeudi. Les services centraux et le réseau d'agences sont concernés par ce que l'entreprise appelle un "plan d'investissement".

La première banque du pays veut garder la tête dans la course à la numérisation alors que le secteur bancaire est en pleine mutation. Quelque 2.430 emplois sont appelés à disparaître entre 2016 et 2018, mais avec les engagements prévus sur cette période, le solde s'élève à 1.050 emplois en moins, soit 7% du total des effectifs.

Le directeur du personnel de BNP Paribas Fortis, Bert Van Rompaey, évoque un "plan d'investissement" et entend ne pas procéder à des licenciements secs.
 

Les syndicats expriment leurs inquiétudes

Les syndicats ont pris connaissance avec beaucoup d'inquiétude du nouveau plan stratégique de BNP Paribas Fortis. Les syndicats s'opposent principalement à la suppression d'emplois au sein de la banque. "On est assez choqués. Au bout du compte, 590 personnes vont se retrouver sur le carreau. La direction parle de plans sociaux, mais qu'entend-elle par là", s'interroge Giacomo Modofarri, le porte-parole de la délégation CNE (Centrale nationale des employés du syndicat chrétien).

Pour l'ensemble de la banque, 2.430 emplois sont appelés à disparaitre sur la période 2016-2018, ont appris les syndicats lors du dernier conseil d'entreprise de BNP Paribas Fortis consacré au plan baptisé "One step beyond, 2020". La direction a promis un redéploiement interne pour 1.840 d'entre eux, et des embauches sont prévues pour des profils spécifiques. Mais le sort de 590 personnes est incertain, admet-elle.

"Des départs anticipés seront proposés. Pour ceux qui n'arriveraient pas à trouver une fonction, la direction reste très -trop- vague: elle parle de 'solution sociale acceptable'. Oui, mais laquelle? ", se demande également le syndicat libéral, CGSLB, dans un communiqué.

"Si certains postes sont externalisés, à quelles conditions? Les gens sont sous pression partout, il y a de plus en plus de burn-out. On craint aussi des licenciements secs", poursuit le délégué de la CNE. Qui rappelle que la garantie d'emploi prévue dans une convention collective prend fin en 2016.

"Nous n'avons reçu aucune garantie qu'il n'y aurait pas de licenciements secs. Or, on a déjà quasiment épuisé les possibilités de départs anticipés", ajoute Jean-Michel Cappoen, le secrétaire général du SETCa (socialiste). "Ce n'est pas un plan d'investissement comme le prétend la direction, mais un plan d'économies! "

Jean-Michel Cappoen estime en outre "inacceptable" que la direction envisage d'externaliser des services trop coûteux qui ne font pas partie du 'core business' de la banque. L'extension du réseau d'agents indépendants, "au détriment des salariés", n'est pas davantage admissible à ses yeux. "Ce plan rompt avec le principe de concertation sociale, qui était de mise jusqu'à présent."

Le syndicat libéral a donné un avis négatif au projet dès la fin du conseil d'entreprise. Après avoir réuni leurs instances, les deux autres syndicats ont décidé de faire de même.

Dans son communiqué, la CGSLB note toutefois que, pour ce qui concerne la transformation du réseau d'agences, "tout n'est certainement pas à jeter aux orties car manifestement, des éléments portés depuis longtemps ont été entendus".

Le prochain conseil d'entreprise est prévu le 17 décembre.