"Rien n’indique que les terroristes se mêlent aux réfugiés"

Des terroristes de l’organisation Etat islamique intégreraient-ils l’Union européenne en se mêlant au flux de réfugiés ? Si d’aucuns estiment que c’est le cas, Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières, ne possède aucune indication allant dans ce ce sens. C’est ce qu’affirme Dirk Vande Ryse, le Belge qui dirige le Frontex Situation Center (FSC) à Varsovie.

Installé dans la capitale polonaise, Dirk Vande Ryse coordonne le contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne. Au micro de Radio 1 (VRT), il explique en quoi consiste sa tâche : "Nous observons avec les Etats-membres les lieux frontaliers où la pression est la plus grande. Actuellement, cette pression touche surtout l’Italie et la Grèce, suite à l’arrivée par bateau de milliers de réfugiés qui tentent de traverser la mer Méditerranée", indique-t-il.

Si Dirk Vande Ryse évoque une situation de jamais vu, il exprime toutefois certaines réserves quant au nombre exact de réfugiés qui rejoignent l’Union. "Nous n’avions jamais vécu cela. Certaines estimations parlent de 1 à 1,5 millions de personnes qui sont entrées en Europe l’année dernière. Il faut toutefois être très prudents avec ces chiffres, car certaines personnes sont enregistrées à deux reprises. Cela arrive par exemple avec les gens qui entrent via la Grèce et qui continuent leur route vers les Balkans", explique-t-il.

Face à ce flux de migrants, l’agence Frontex peut-elle contrôler une éventuelle entrée de candidats terroristes ? Ces derniers mois, l’idée selon laquelle ces derniers se mêlent aux réfugiés pour traverser les frontières a souvent été avancée. Elle a resurgi lorsqu’il est apparu qu’un des terroristes des attaques de Paris avait un passeport syrien. Ce document s’est finalement révélé être falsifié, le carnet d’identité appartenant à un dirigeant de l’armée syrienne, décédé il y a plusieurs mois.

Le chef du FSC affirme ne pas détenir de données indiquant que des terroristes se mêlent aux réfugiés. "Notre agence n’en sait que très peu à ce sujet", explique Dirk Vande Ryse, qui ajoute que Frontex ne travaille pas directement avec les enquêteurs qui travaillent sur les dossiers liés au terrorisme. "Je pense qu’il faut maintenir les deux problématiques séparées". Si Frontex ne travaille pas directement avec la justice, Vande Ryse a annoncé une collaboration étroite avec Europol et les agences européennes.