Manifestation contre les contrôles policiers liés à un profilage ethnique

Environ 150 personnes se sont rassemblées, samedi après-midi devant le cabinet du ministre de l'Intérieur Jan Jambon à Bruxelles, pour protester contre la recrudescence de contrôles policiers violents liés à un profilage ethnique, en cette période de tensions dues aux attentats terroristes.

Plusieurs associations se sont rassemblées et ont pris la parole pour parler des violences policières. Le cas de Montasser AlDe'emeh a plus particulièrement été mis en avant. Alors qu'il était à Bruxelles pour une audition au Parlement bruxellois en tant que chercheur et spécialiste de la radicalisation djihadiste, il a dénoncé avoir été victime d'un contrôle policier violent mardi dernier.

Parmi les associations ayant pris part au sit-in, on retrouve notamment le Mouvement X (MvX) de l’activiste politique Dyab Abou Jahjah (petite photo), le mouvement citoyen Hart boven hard et le mouvement interculturel KifKif. Tous ont récemment récolté plusieurs témoignages de violences policières liées à des contrôles de masse basés sur un profilage ethnique. Elles relèvent que des jeunes qui n'ont pas le réflexe de faire valoir leurs droits pourraient garder un sentiment d'injustice et développer une certaine animosité et un rejet à l'égard d'un système qui est pourtant le leur.

"Si la lutte contre la terreur légitime des pratiques qui renforcent des tendances à la radicalisation, c'est contre-productif", estime Hillaert Wouter, porte-parole pour Hart boven hard. "Ces actions risquent encore d'augmenter la polarisation. Nous sommes ici pour exprimer notre solidarité avec les victimes de ces violences. Ces discriminations raciales sont le fait de certains policiers. On demande du respect pour tous et cela doit passer par des excuses".

Les associations demandent de ne pas procéder à ces contrôles de masse à l'aveugle et, le cas échéant, de veiller à respecter les droits de tous les citoyens quelles que soient leurs origines ethniques.

Escalade

D’après Dyab Abou Jahjah, le problème du 'profilage ethnique' se pose depuis un petit temps déjà et connaît une escalade. "Il se produit partout, à Anvers et à Bruxelles mais aussi ailleurs." L'intéressé note ainsi une augmentation du phénomène après le démantèlement d'une cellule terroriste à Verviers.

Le problème est d'ailleurs beaucoup plus large que les cas rapportés par les médias comme celui du chercheur Montasser AlDe'emeh. Selon Abou Jahjah, "des dizaines de cas se produisent tous les jours." Les organisateurs du sit-in veulent dès lors tirer la sonnette d'alarme.

La police doit faire son travail mais dans les limites de la loi, ajoute-t-on. "Ce qui se passe dans les quartiers va bien au-delà du cas AlDe'emeh, conclut Abou Jahjah qui dit craindre "des accidents".