L’Etat islamique utilise des armes fabriquées en Belgique

En raison d’un manque de réglementations concernant les transferts d’armes vers l’Irak et des contrôles "poreux" sur le terrain depuis des décennies, des armes produites notamment par la FN de Herstal (province de Liège) se sont retrouvées entre les mains de l’organisation militaire et terroriste d’idéologie djihadiste Etat islamique (EI). C’est ce que dénonce Amnesty International Belgique, dans un nouveau rapport.

Dans ce document - intitulé "Les stocks sont pleins ¬- L'armement de l'État islamique" -, Amnesty International Belgique liste les armes utilisées par les combattants de l'EI (photo d'archives). Ces armements "majoritairement pillés dans les stocks militaires irakiens, ont été fabriqués et conçus dans plus de 20 pays différents, dont la Belgique, la Russie, la Chine, les États¬-Unis et des États européens".

D'après Amnesty, des systèmes de défense antiaériens Sol¬Air à très courte portée (SATCP), des missiles guidés antichars et des véhicules blindés de combat, des fusils d'assaut tels que les AK russes, les M16, les Bushmaster américains et les FAL, ainsi que d'autres armes automatiques produites par la FN Herstal (photo archives) figurent parmi l'arsenal de l'Etat islamique.

"Cela démontre que l'évaluation des risques et les mesures de réduction des exportations d'armes vers des régions instables nécessitent une analyse exhaustive et sur le long terme", estime Patrick Wilcken, chargé des recherches sur le contrôle des armes. "Il importe que les États du globe tirent les leçons des échecs du passé et prennent des mesures urgentes en vue de freiner la prolifération des armes en Irak, en Syrie et dans les pays ou régions instables."

L'organisation internationale plaide dès lors pour "un embargo total sur les armes destinées aux forces gouvernementales syriennes, ainsi qu'aux groupes armés d'opposition impliqués dans des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité et d'autres graves violations des droits humains".

Amnesty International appelle tous les États qui ne l'auraient pas encore fait à signer ou ratifier le Traité sur le commerce des armes.