Préavis de grève sur le rail pour 5 jours en janvier

La direction des chemins de fer (SNCB, Infrabel et HR Rail) et les syndicats ne sont pas parvenus à s’entendre mercredi dans le cadre des discussions sur le projet de Protocole d’accord social 2016-2018 et les mesures relatives à l’augmentation de la productivité. Les syndicats socialistes et chrétiens, tant francophones que flamands - lancent un préavis de grève pour les 6 et 7 janvier (48 heures), et du 21 au 23 janvier (72 heures).

La CSC-Transcom et la CGSP Cheminots ont réagi dans un communiqué commun en annonçant des préavis de grève pour les 6 et 7 janvier ainsi que pour les 21, 22 et 23 janvier, après avoir rejeté mardi un projet de convention collective pour 2016-2018 qui comprend des mesures pour accroître la productivité.

"Au comité de pilotage de mercredi, les directions ont pris note du rejet des syndicats de la proposition concertée qui est venue sur la table après des mois de négociations", souligne-t-on du côté de la direction de la SNCB, d’Infrabel et de HR Rail.

Les responsables des chemins de fer disent vouloir améliorer la performance tout en respectant le statut et le personnel. "La durée de travail officielle est actuellement de 36 heures par semaine. En pratique, la durée de travail moyenne réelle est néanmoins inférieure à ce seuil officiel. Les propositions soumises à la discussion en Commission paritaire nationale comportent plusieurs adaptations apportées à la durée de travail réellement prestée. Comme par exemple, l'augmentation du nombre de jours de travail effectifs ou la diminution du droit aux jours de congé en fonction de la date de mise à la pension", explique-t-on.

Les mesures proposées par la direction des chemins de fer entreraient en vigueur au 1er janvier prochain.

"Il n'y a eu aucune négociation sur ces matières", déplorent de leur côté les syndicats. "Les employeurs du rail imposent leur vision, sans aucune écoute et veulent le passage en force de toutes ces mesures."

Le préavis de grève est déposé en front commun par les syndicats chrétien et socialiste. Le syndicat libéral SLFP a décidé ce jeudi matin de ne pas soutenir cette action.

La N-VA veut brider le pouvoir des syndicats ferroviaires

La N-VA veut augmenter la pression sur les syndicats des chemins de fer. Elle menace de faire supprimer de la loi organisant la concertation sociale à la SNCB l'article qui dit qu'il faut une majorité des deux tiers au comité paritaire national.

"Si les syndicats continuent à agir de manière déraisonnable, je pense qu'il sera possible de trouver une majorité en ce sens", estime la députée N-VA Inez De Coninck (photo) ce jeudi dans le quotidien De Tijd.

Le parti nationaliste flamand voit dans la loi sur la concertation sociale à la SNCB un ancrage important du pouvoir des syndicats. Au comité paritaire national, les syndicats et la direction ont chacun la moitié des votes, mais il faut une majorité des deux tiers pour appliquer un accord. "La conséquence est que les syndicats peuvent bloquer facilement chaque adaptation au règlement de travail", indique la députée Inez De Coninck.

Elle menace de faire supprimer l'article qui permet ce système. "Si les syndicats continuent à agir de manière déraisonnable, je pense qu'il sera possible de trouver une majorité en ce sens", estime-t-elle. "Le but serait alors qu'une majorité simple suffise."
Le quotidien qualifie la démarche de la N-VA de "principalement symbolique", car l'accord des syndicats est également nécessaire pour parvenir à un accord social avec une majorité simple.