"Les pays émergents doivent aussi prendre leurs responsabilités"

D’après la ministre flamande de l’Environnement Joke Schauvliege (CD&V), le projet d’accord présenté à la COP21 ne prévoit pas de participation financière des pays émergents tels que la Chine, ce qui pose problème. Les pays en développement ne sont pas non plus tenus d’atteindre leurs objectifs climatiques.

Le projet d'accord final pour lutter contre le réchauffement de la planète a finalement été repoussé de vendredi à samedi. Les négociations sont âpres entre les délégations présentes à Paris dans le cadre de la Conférence de l’ONU sur le Climat.

"La volonté des Etats d’aboutir à un accord existe. Mais outre les évolutions positives, certaines positions posent encore problème et demandent davantage de temps", a expliqué depuis Paris la ministre flamande de l’Environnement au micro de la matinale de Radio 1 (VRT).

L’une des grandes difficultés résideraient dans la différence du niveau d’ambition entre les pays industriels et les pays en développement. "L’Europe veut participer au financement international et réaliser des efforts pour limiter le réchauffement de la planète. Mais le projet d’accord présenté ne prévoit pas de participation financière des pays émergents tels que la Chine ou l’Inde. Ils ne sont pas non plus tenus d’atteindre leurs objectifs climatiques. Tout cela est très sensible", a-t-elle précisé.

Joke Schauvliege se montre agacée par la position des pays émergents. "Ils veulent bien œuvrer à diminuer les émissions de CO2, mais ils refusent tout monitoring ou contrôle. Il n’existe donc absolument aucune garantie de ralentissement du réchauffement de la terre, et c’est pourtant essentiel", a dénoncé la ministre flamande. "Les pays émergents doivent aussi prendre leurs responsabilités".

Si un accord se concrétise ce samedi, les négociations internes à la Belgique devront reprendre, même si ce ne sera pas pour tout de suite, estime Joke Schauvliege. "Il faut tout d’abord un accord sur l’objectif européen qui sera ensuite partagé entre les Etats-membre. Nous ne connaitront pas la hauteur de la participation belge avant 2016. Ce n’est qu’après que nous pourrons à nouveau nous mettre au travail afin de distribuer les efforts internes", conclut la ministre.