Grève du rail: le gouvernement veut imposer un service minimum

Le gouvernement fédéral plaide unanimement en faveur de l’instauration d’un service minimum en cas de grève des trains. "Les syndicats jouent avec la vie des gens. Il faut donc agir d’urgence", a indiqué le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) à son arrivée au cabinet ministériel restreint.

Hier déjà, la ministre de la Mobilité Jacqueline Galant (MR) avait annoncé vouloir voir des propositions concrètes pour assurer le service minimum en cas de grève du rail. "Le droit de grève mérite d’être respecté, mais le droit d’aller travailler, ou pour les élèves de pouvoir aller passer leurs examens aussi", avait-elle déclaré dans l’émission ‘Villa Politica’ (VRT).

Au sein du gouvernement, l’unanimité semble prévaloir. A leur arrivée au cabinet ministériel restreint, plusieurs vice-premiers ministres ont annoncé que si les actions prévues en janvier étaient maintenues, un service minimum sera bel et bien instauré. Jacqueline Galant aurait d’ailleurs déjà préparé une proposition.

D’après le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA), la mesure doit être exécutée le plus rapidement possible. "Les syndicats du rail jouent avec la vie des gens et rendent impossible l’usage des transports publics. Il est donc urgent d’agir", a-t-il déclaré.

Le vice-Premier CD&V Kris Peeters appuie également la proposition. Il appelle toutefois les syndicats à se remettre autour de la table des négociations.

Rendre le service minimum obligatoire ne va pas de soi. Le gouvernement devra encore plancher sur la manière de le faire. "Nous devons voir ce qui se fait à l’étranger. De nombreux pays possèdent un tel système. Il faut donc voir ce qui fonctionne", a précisé le vice-Premier Open VLD Alexander De Croo. "Ce qui est certain, c’est que la situation actuelle, dans laquelle on décide à tout bout de champ de faire grève, n’est plus possible".

De son côté, le Premier ministre Charles Michel a lancé un appel à la responsabilité. Il a regretté le lancement d'actions de mécontentement alors que la concertation sociale est en cours. "Je constate qu'il y a une concertation sociale en cours à la SNCB. Il est regrettable de lancer une grève de 120 heures, dont les navetteurs, les étudiants, les travailleurs seront les victimes. Je lance un appel à la responsabilité, à être rationnel", a déclaré M. Michel après la réunion du conseil des ministres.

Interrogé sur le service garanti en cas de grève, le Premier ministre a confirmé la volonté de mettre en oeuvre l'accord de gouvernement sur ce point. Mais "à court terme, la priorité, c'est la concertation sociale", a-t-il précisé.