"Notre vie normale aura encore longtemps un autre aspect"

Dans une interview accordée aux quotidiens Het Nieuwsblad et Le Soir, le Premier ministre Charles Michel (MR, photo) raconte que la nuit du 20 novembre pendant laquelle le niveau de la menace terroriste est passé au maximum de 4 à Bruxelles a été le plus difficile de sa carrière politique et de sa vie d’homme. "Nous devons apprendre à vivre avec davantage de contrôle", estime aussi Charles Michel, à la suite des attentats de Paris.

"Il faut dire la vérité, cette situation va encore durer longtemps. Au siècle passé, nous avons été confrontés à deux guerres mondiales dramatiques, puis à la Guerre froide. Aujourd’hui, il y a une nouvelle forme de menace sur l'Europe et les valeurs qu'elle incarne. C'est une menace plus anonyme, qui a une autre relation à la vie : des personnes mettent une ceinture explosive et pensent qu'ils vont au paradis quand ils se sont fait exploser. Nous devons donc adapter notre réaction sécuritaire à cette situation", a déclaré le Premier ministre Charles Michel lors d'une interview accordée aux quotidiens Le Soir et Het Nieuwsblad. Il y revient sur sa gestion de la menace terroriste après les attentats de Paris.

"Cette fameuse nuit de vendredi à samedi durant laquelle nous sommes passés au niveau 4 fut un moment terriblement intense, avec la nécessité de garder son sang-froid, de décider vite, et de veiller à ce que les décisions soient exécutées immédiatement. Dans un tel moment, on a conscience de la responsabilité qui pèse sur les épaules", explique le Premier ministre, qui affirme que ce moment a été le plus difficile de sa carrière, mais aussi de sa vie d'homme.

Charles Michel souligne aussi que c’est la première fois qu’un Premier ministre en Belgique a été confronté à pareille information. "C’est du jamais vu. Je l’ai vérifié auprès des services de sécurité".

Pour répondre aux critiques qui ont été exprimées, surtout par l’opposition, à la manière dont le gouvernement fédéral a géré la situation en novembre, Charles Michel déclare : "Je préfère qu'on me reproche d'en avoir fait un peu trop que d'avoir un drame. Mais quand on est confronté à cela, on pense uniquement à prendre la meilleure décision possible et à la rendre opérationnelle", indique Charles Michel, qui ajoute qu'il regrette certaines décisions locales "un cran trop élevées". "On ne devait pas demander de fermer les magasins, les salles de gymnastique, les piscines", estime-t-il.

Le Premier ministre ne cache cependant pas qu’il faudra s’adapter à une menace terroriste permanente en Europe. "Nous devons reprendre au plus vite une vie normale. Mais personnellement je suis convaincu qu’une 'vie normale' aura un autre aspect à l’avenir. Nous devons apprendre à vivre avec davantage de contrôles de nos bagages, de notre identité, ainsi qu’avec d’autres mesures de sécurité".