Henri Heimans reçoit le Prix pour les Droits de l’homme

L’ancien haut magistrat Henri Heimans (photo) a reçu ce dimanche à Gand le Prix pour les Droits de l’Homme 2015, décerné par la Ligue flamande des Droits de l’homme, pour "son combat incessant en faveur des droits des personnes internées, tant pendant sa carrière dans la magistrature que depuis son départ à la retraite".

"Pour parvenir à une modernisation de la justice, nous sommes d’avis que le facteur humain est essentiel", déclarait ce dimanche le président de la Ligue flamande des Droits de l’homme, Jos Vander Velpen. "Il n’y a pas que les qualités techniques, mais aussi les qualités humaines qui sont importantes chez un magistrat et pour nous Henri Heimans (photo) en est le parfait exemple".

"Pendant des décennies, il a démontré qu’il avait un respect absolu tant de la victime que du suspect, en tant que président de la Chambre gantoise des mises en accusations, et comme juge d’instruction ou président de la Commission de protection de la société".

Henri Heimans est parvenu à utiliser son grand engagement social pour inspirer la politique en matière de traitement des personnes internées. "Il n’est pas seulement capable de traiter des dossiers individuels de façon humaine et juste, mais aussi d’en tirer les conséquences pour la société. Il a ainsi influencé la politique dans le domaine des internements. Sans son engagement, il ne serait aujourd’hui jamais question d’une nouvelle loi pour l’internement, qui stipule noir sur blanc le droit à des soins. Et il ne serait pas question non plus de Centres de psychiatrie légale".

Mais il reste du chemin à faire dans ce domaine, soulignait aussi Jos Vander Velpen (photo). "Nous avons besoin d’un troisième Centre de psychiatrie légale en Flandre, alors qu’il n’y a actuellement aucun accueil adéquat pour les femmes internées".

Le président de la Ligue flamande des Droits de l’homme espère qu’un petit centre de séjour prolongé pourra rapidement être ouvert à Bierbeek (Brabant flamand), et que des fonds suffisants seront débloqués pour y mettre du personnel qualifié.

Actuellement, quelque 950 internés séjournent dans des prisons en Belgique. Le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) et la ministre de la Santé publique Maggie De Block (Open VLD) ont annoncé la semaine dernière que le centre régional psychiatrique Les Maronniers, à Tournai (Hainaut), ouvrira une section pour des patients en séjour prolongé.