Reynders appelle l’ONU à protéger la population du Burundi

Le ministre belge des Affaires Etrangères Didier Reynders (MR) s’est dit très inquiet de la détérioration de la situation au Burundi, en particulier des violences qui ont marqué le pays d’Afrique centrale ces derniers jours. Il appelle le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil Pax et sécurité de l’Union africaine à se saisir d’urgence de la situation et à prendre les mesures de protection de la population burundaise qui s’imposent.

"Le ministre condamne fermement le recours à la violence, tant par les assaillants, que par les forces de sécurité dans leur riposte disproportionnée qui, selon des informations concordantes, aurait donné lieu à des exécutions arbitraires en grand nombre", indique le communiqué des Affaires Etrangères.

Didier Reynders (photo) a rappelé la responsabilité individuelle de tous les acteurs impliqués dans des crimes et appelé à ce que, dans l'immédiat, une enquête indépendante soit menée. Il a aussi invité les autorités burundaises à collaborer avec le Haut-commissariat aux Droits de l'Homme et les observateurs de l'UA.

Le chef de la diplomatie belge a également annoncé son intention d'attirer l'attention de ses collègues de l'Union européenne sur la situation au Burundi, lors du Conseil Affaires étrangères prévu ce lundi à Bruxelles. "La montée des tensions et les nombreuses victimes dénombrées rappellent l'urgence de mener un dialogue inclusif, comme demandé par le Conseil de sécurité des Nations unies, l'Union Africaine et la Communauté des Pays d'Afrique de l'est (EAC). Seuls un tel dialogue et un renoncement à la violence peuvent permettre de prévenir une détérioration de la situation sécuritaire et un glissement vers la guerre civile".

Avis négatif de voyage

Suivant l'exemple de la Belgique, les Etats-Unis ont demandé dimanche à leurs ressortissants de quitter le Burundi, en proie aux pires violences depuis un coup d'Etat manqué en mai dans ce pays plongé dans une profonde crise politique.

Dans un communiqué, le département d'Etat a ordonné aux personnels américains non indispensables et à leurs familles de quitter le pays, recommandant également à tous les Américains "de ne pas se rendre au Burundi et à ceux qui s'y trouvent de partir aussi rapidement que possible". L'ambassade des Etats-Unis ne peut offrir "que des services d'urgence très limités à ses citoyens", avertit le texte.

Les Affaires étrangères belges avaient conseillé dès le 13 novembre aux ressortissants belges - environ 500 personnes - de quitter le Burundi en raison de la détérioration de la situation sécuritaire dans ce petit Etat d'Afrique centrale.