Alcool: tolérance zéro pour les jeunes conducteurs

Pendant les trois ans qui suivent l’obtention de leur permis de conduire, les conducteurs encore inexpérimentés ne seront pas autorisés à boire de l’alcool avant de prendre le volant. Le seuil de tolérance sera abaissé pour eux à 0,2 gramme d’alcool par litre (ce qui équivaut dans la pratique à une interdiction d’alcool), contre 0,5 pour les autres conducteurs. Le gouvernement fédéral espère ainsi réduire encore le nombre de tués sur nos routes.

A l’heure actuelle, la tolérance en Belgique en matière de consommation d’alcool avant de prendre le volant est de 0,5 grammes d’alcool par litre pour tout le monde. Ce qui équivaut à une ou deux bières. Tous les chauffeurs professionnels doivent par contre s’en tenir à 0,2 g par litre, et cette mesure devrait également être appliquée aux conducteurs débutants.

La limite de 0,2g par litre équivaut dans la pratique a une tolérance zéro étant donné qu’elle ne permet pas vraiment de boire un quelconque alcool sans dépasser ce seuil. Si la limite n’est pas réellement 0 gramme par litre, c’est pour une raison technique. En effet, certains bonbons, chocolats ou plats contiennent de l’alcool. "On imposerait alors une amende à quelqu’un qui a consommé un soupe de homard dans laquelle il y avait une pointe d’alcool", précisait l’Institut belge pour la sécurité routière (IBSR).

"Les jeunes représentent un risque accru"

La ministre fédérale de la Mobilité Jacqueline Galant (MR, photo) veut prendre diverses mesures pour tenter de réduire encore davantage le nombre de victimes de la route. Elle espère avoir complété le travail législatif endéans 6 mois. "Le plus vite sera le mieux", estime-t-elle.

Au total, ce sont quinze mesures que la ministre compte présenter dans le cadre des États généraux de la sécurité routière, qui débutaient ce mardi. L’Institut belge pour la sécurité routière se dit satisfait du projet de tolérance zéro pour l’alcool chez les jeunes conducteurs. "Cela fait des années que nous plaidons en ce sens", rappelle Karin Genoe. "On veut ainsi éviter que des conducteurs sous influence de l’alcool ne représentent un grand risque pour la circulation routière".

Bien que ces études aient révélé que les quadragénaires et quinquagénaires tiennent moins compte des dangers de l’alcool au volant, il semble cependant logique de cibler la tolérance zéro sur les jeunes conducteurs.

"Sur base de chiffres récents, il apparait que la consommation d’alcool est à nouveau en hausse chez les jeunes. D’autre part, les conducteurs débutants représentent un plus grand danger que les plus âgés en raison de leur manque d’expérience au volant", précise l’IBSR. "Ils sont moins capables d’évaluer les situations de danger sur les routes".

Davantage de contrôles nécessaires

L’Institut belge pour la sécurité routière demande que le risque d’être pris en flagrant délit augmente pour les conducteurs, c’est-à-dire que les contrôles policiers soient accrus. "A l’heure actuelle, on risque peu d’être pris en flagrant délit en Belgique. Nous espérons qu’en même temps que l’introduction de la tolérance zéro pour l’alcool chez les jeunes, on prévoira une capacité suffisante pour ajouter des contrôles, afin qu’ils soient vraiment efficaces, notamment la nuit, le week-end et quand les jeunes se déplacent sur les routes".

Le juge de police Peter D’hondt salue l’initiative du gouvernement fédéral. "Je pense que c’est un bon début. Depuis des années, nous constatons que les jeunes conducteurs sont surreprésentés dans les statistiques des accidents de la route. Une protection spéciale pour les plus faibles dans la circulation, y compris les jeunes conducteurs, est une bonne chose", estimait D’hondt dans l’émission "De ochtend" de la VRT.

Il estime cependant qu’une tolérance zéro pour l’ensemble des conducteurs ne serait pas une bonne idée.