"Il est conseillé aux Belges de quitter le Burundi"

Les Affaires Etrangères belges ont modifié mardi l’avis de voyage pour le Burundi, déconseillant désormais "tous les voyages" vers le pays et appelant les compatriotes qui se trouvent actuellement au Burundi à le quitter "tant que les conditions normales le permettent". Le ministre Didier Reynders a une nouvelle fois appelé toutes les parties à l’arrêt des violences dans ce pays d’Afrique centrale plongé dans une crise politique depuis 8 mois.

"Tous les voyages au Burundi sont dès lors déconseillés" et "il est conseillé aux Belges qui se trouvent actuellement au Burundi de quitter le pays tant que les conditions normales le permettent", indique le Service public fédéral Affaires étrangères sur son site internet, dans un contexte de détérioration des relations entre Bruxelles et Bujumbura. "Les Belges qui décident de rester au Burundi sont invités - s'ils ne l'ont déjà fait - à transmettre leurs coordonnées à l'ambassade à Bujumbura par mail et à suivre les consignes", ajoute l'avis de voyage.

Jusqu'à présent, les Affaires étrangères avaient déconseillé aux ressortissants belges "dont la présence n'est pas essentielle de quitter le pays tant que les conditions normales le permettent", en raison notamment de "propos hostiles à la Belgique et des menaces (proférées) à l'encontre des ressortissants belges". Cet avis a été revu mardi.

Dans un avis publié par l'ambassade de Belgique à Bujumbura, "il a été demandé aux familles des agents expatriés ainsi qu'aux agents non essentiels de l'ambassade de Belgique à Bujumbura, de quitter le Burundi". Depuis vendredi déjà, l'ambassade de Belgique conseille aux Belges résidant au Burundi de rester chez eux en raison des tensions qui agitent le pays, en proie aux pires violences depuis un coup d'Etat manqué en mai.

Près de 90 personnes - mais bien davantage, jusqu'à 200, selon des sources officieuses - ont été tuées vendredi pendant et après des attaques coordonnées contre trois camps militaires au Burundi, selon un bilan de l'armée faisant état du décès de 79 "ennemis" et de huit soldats et policiers. Ces violences sont les pires enregistrées au Burundi depuis un coup d'Etat manqué en mai, déclenché par la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, qu'il a obtenu à l'élection qui a suivi en juillet.

Quelque 400 Belges encore au Burundi

D’après le ministre des Affaires Etrangères Reynders (photo), en demandant à ses ressortissants de quitter le Burundi, la Belgique s’aligne sur les Etats-Unis qui ont adressé dimanche un appel à leurs concitoyens. Le chef de la diplomatie belge a assuré que son département et celui de la Défense suivaient de près la situation et sont prêts à prendre les "mesures nécessaires".

Actuellement, quelque 400 Belges résident encore au Burundi et 500 ressortissants d'une autre nationalité sont placés sous la responsabilité de la Belgique en vertu d'accords de réciprocité. La Belgique a renforcé depuis plusieurs mois le détachement d'agents de sécurité (DAS) - des militaires chargés de la protection de l'ambassade de Belgique et de son personnel, ainsi que de la tenue à jour des plans d'évacuation.

Didier Reynders, qui a eu mardi un entretien téléphonique avec le Secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, a par ailleurs renouvelé son appel à une reprise du dialogue entre le pouvoir burundais et l'opposition, sous l'égide de la médiation du président ougandais Yoweri Museveni, que préconise l'ensemble de la communauté internationale.