Direction et syndicats de la SNCB veulent un médiateur social

Les syndicats des chemins de fer et la direction de la SNCB ont chargé mercredi soir le ministre fédéral de l’Emploi, Kris Peeters (photo), de désigner un médiateur externe pour tenter de dégager un compromis dans le conflit social du rail, qui a donné lieu à un préavis de grèves pour janvier. Les syndicats dénoncent un passage en force des mesures d’augmentation de la productivité, qui doivent entrer en vigueur en janvier.

Trois mesures relatives à l'augmentation de la productivité au sein du rail belge ont été approuvées mercredi, au sein de la commission paritaire nationale, et seront appliquées dès le 1er janvier. C’est ce qu’a annoncé mercredi soir la direction de HR Rail. Les syndicats, "scandalisés", ont par contre dénoncé un passage en force. Leur préavis de grève pour les 5, 6, 21, 22 et 23 janvier est donc maintenu.

Les mesures approuvées concernent l'augmentation du nombre effectif de jours de travail, le calcul du nombre de jours de congé en fonction de la date de la mise à la pension et la suppression de la double compensation des jours fériés tombant un samedi ou un dimanche pour certaines catégories du personnel, détaillait la direction. Celle-ci demande aux syndicats le retrait du préavis de grève et de "ne pas entraver la modernisation des chemins de fer belges".

Les syndicats dénoncent un passage en force via une interprétation biaisée de la direction, qui considère que les mesures ne devaient pas être approuvées par une majorité des deux tiers de la commission alors qu'il s'agit pourtant, selon eux, d'une adaptation du statut des cheminots.
"Nous avions des propositions, mais la direction n'en veut pas", a déploré le secrétaire général de la CGSP Cheminots, Serge Piteljon, à l'issue d'une réunion qui a duré 1h30.

"Elle passe en force pour faire adopter des mesures antisociales qui touchent directement le personnel. Nous avons souligné qu'il était important pour les voyageurs que les cheminots disposent de conditions de travail de qualité, mais tout ce qui intéresse la direction, c'est de faire les économies qui cadrent avec les demandes de la ministre Galant, le plus vite possible. Les patrons cherchent à faire passer une augmentation de 20% de la productivité avant la fin de l'année, sans le moindre débat. La direction ne laisse aucune place au dialogue social. Elle doit dès lors assumer la responsabilité de l'arrêt des discussions."

"Nous sommes scandalisés, et même catastrophés par l'attitude dogmatique de la direction", a ajouté Marianne Lerouge, responsable générale de la CSC Transcom. "Nous constatons l'obligation d'aller jusqu'à la grève, même si nous restons ouverts à une reprise du dialogue."

Les syndicats ont proposé mercredi l'intervention d'un conciliateur social externe. "La commission paritaire nationale a soutenu cette proposition et va entreprendre les étapes nécessaires pour exécuter cette décision", assure la direction de HR Rail. Les syndicats maintiennent cette demande, mais ils réclamaient l'intervention de ce médiateur avant que les mesures soient adoptées.

"Il faut réduire les coûts"

Jo Cornu, l’administrateur-délégué de la SNCB, déclarait pour sa part : "On peut essayer de dire qu’on va faire la même chose, ou mieux, avec moins d’argent. C’est ce que nous faisons. Mais s’il apparait que l’on ne va pas augmenter la productivité, alors il faut bien entendu supprimer un certain nombre de choses".

Son message aux syndicats et au personnel est précis : "Nous devons réduire les coûts, c’est aussi simple que cela".

D’après Jo Cornu, la SNCB ne peut pas se permettre de ne pas faire des économies, parce que cela lui a été imposé par le gouvernement fédéral. "Il n’y a qu’une seule solution vraiment simple : obtenir une licence pour imprimer de l’argent. Mais il est peu probable qu’on nous la donne".