"Il est temps d’évaluer la législation qui encadre l’OCAM"

L’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM) existe maintenant depuis 10 ans. Pour son directeur, il est donc temps d’évaluer la législation qui l’encadre. D’après André Vandoren, interrogé ce matin dans le cadre de l’émission "Bonus" sur Radio 1 (VRT), des initiatives sont déjà en cours, notamment au niveau de la base de données des personnes suspectées de terrorisme.

La législation qui régit l’OCAM date de juillet 2006. Depuis, beaucoup de choses ont changé, mais pour André Vandoren, il est aujourd’hui important d’évaluer la situation en fonction des problèmes qui se posent. "Des initiatives sont en cours, principalement concernant la ‘liste syrienne’. Celle-ci prendra dès le 1er janvier la forme d’une base de données incluant pour chaque personne une fiche interactive afin d’améliorer leur suivi et de pouvoir opérer de façon plus précise lors de contrôles", a-t-il indiqué.

Le patron de l’OCAM n’exclut pas non plus un éventuel changement du mécanisme d’évaluation des niveaux de menace. D’après le quotidien De Tijd, un cinquième niveau d’alerte pourrait être créé. L’information n’a toutefois pas été confirmée. André Vandoren indique en revanche que le niveau d’alerte restera selon toute vraisemblance à 3 en Belgique jusque la fin de l’année, un niveau qui correspond à une menace "possible et vraisemblable".

"Les attentats de Paris ont été un tournant"

Selon André Vandoren, les attentats de Paris constituent un véritable tournant. "Nous sommes habitués à voir des attentats perpétrés par des individus seuls, mais les dernières attaques étaient bien organisées, et simultanément opérées par plusieurs petites cellules commandos", souligne-t-il. "Ces personnes sont particulièrement bien organisées et elles font tout pour éviter l’attention de la police, pour échapper aux radars, par exemple au niveau de la communication ou des documents utilisés. Elles sont vraiment bien entraînées".

André Vandoren est directeur de l’OCAM depuis 2008. Il admet que ces dernières années ont été lourdes à gérer. "L’arrivée des combattants syriens et de l’EI a amené une nouvelle dimension. L’escalade est progressive, et on essaie de s’y adapter. J’ai toujours pu compter sur une très bonne équipe, ce qui a pu alléger la pression, même si celle-ci a certainement augmenté ces dernières années".

Le chef de l’OCAM preste actuellement ses derniers jours à la tête de l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace, qu’il quittera le 1er janvier. "Je vais fêter mes 66 ans dans les prochaines semaines, et je voudrais désormais m’occuper de ma famille et de mes petits-enfants. Mais je resterai présent et paré jusqu’au 31 décembre inclus", conclut-il.