"Si le médiateur a un bon plan, le dialogue pourrait reprendre"

Le syndicat socialiste Cheminots serait éventuellement prêt à ne pas organiser 5 jours de grève du rail en janvier si le dialogue peut reprendre avec la direction des chemins de fer et un médiateur social. Mais il doit d’abord se concerter à ce sujet avec les autres syndicats, expliquait Chris Reniers (photo, à g.), secrétaire générale de la CGSP ce dimanche midi dans l’émission "De Zevende Dag" de la VRT. Elle qualifie aussi de fétichisme la demande du gouvernement de maintenir un service minimum de trains pendant les jours de grève.

Sur le plateau de l’émission télévisée "De Zevende Dag" (VRT), la secrétaire générale du syndicat socialiste des Cheminots, Chris Reniers, démentait ce dimanche que la CGSP sabote toutes les tentatives de négociation entre syndicats et direction de la SNCB. "Nous sommes contents qu’un ou plusieurs médiateurs sociaux puissent entrer en action. Mais le président de la CGSP ne décide pas de tout", déclarait Reniers (photo).

"Nous sommes en train de voir de quelle manière nous pouvons reprendre les négociations. Mais pour avoir des concertations, il faut deux parties. Nous allons donc voir avec les autres syndicats comment sortir de cette situation".

"Je ne rejette pas la concertation. Mon parti a toujours plaidé en faveur d’une concertation, aussi longtemps que possible. Mais alors il faut qu’il y ait vraiment une discussion. Si les médiateurs sociaux ont un bon plan, une page blanche devant laquelle les deux parties puissent prendre place à niveau égal, alors je suis certainement en faveur de la reprise des négociations", précisait Chris Reniers.

"Les syndicats se rendent la vie difficile"

A la suite du préavis pour 5 jours de grève du rail en janvier, des voix se sont élevées au sein des partis politiques de droite pour réclamer aux cheminots un service minimum sur le rail même les jours de grève. C’est parfaitement faisable, déclarait Egbert Lachaert (Open VLD), ce dimanche à la VRT.

"Cela dépend du nombre de grévistes. Lors de la dernière grève du rail, en décembre, 28% du personnel ne travaillait pas. Et 72% ne faisaient donc pas grève. Il y a donc eu beaucoup de trains. Quand on prévoit un service minimum, on demande à l’avance au personnel qui sera en grève et qui pas, et l’on peut ainsi parfaitement calculer combien de trains rouleront. C’est un avantage pour les voyageurs, qui sont actuellement pris en otage".

D’après Chris Reniers, "cela ne règlera pas ce conflit, qui est un conflit d’entreprise. (…) Le service minimum n’est pas seulement contre-productif, mais aussi une atteinte au droit de grève et très dangereux. Il y aura des situations dangereuses, tant pour les gens qui travaillent sur le rail que pour les grévistes. Je ne veux pas en prendre la responsabilité".

Mais Egbert Lachaert (photo) estime que la situation ne devient dangereuse que quand les grévistes marchent sur les voies ferrées. "Je prends le train tous les jours, et je constate que le personnel des chemins de fer n’est pas encore d’accord avec vos actions de grève".

Le libéral flamand reproche aux syndicats de ne pas vouloir envisager le service minimum. Il voudrait conférer aux syndicats une personnalité juridique, afin de pouvoir plus facilement les traduire en justice. "Le but n’est pas de limiter le pouvoir des syndicats. Des syndicats forts ont un avantage socio-économique énorme. Ils forment la base de notre prospérité. Mais les trois syndicats de notre pays n’ont toujours pas de cadre moderne. La transparence financière reste un tabou", estime Lachaert.

“En politique, nous ne pourrions plus fonctionner de la sorte. Un parti doit indiquer annuellement combien de dotations il a reçu, et combien de réserve il lui reste. Les syndicats manque actuellement de jeunes gens et se rendent la vie difficile en luttant contre la transparence", concluait Egbert Lachaert.